Négociations salariales des paramédicaux - Les syndicats claquent la porte
21.10.09 - 18:17 - HOSPIMEDIA - La deuxième séance de discussions sur les salaires et la reconnaissance des qualifications du personnel paramédical (catégories A et B) a tourné court mardi 20 octobre. Réunis au ministère de la Santé, CFDT, CFTC, CGC-CFE, CGT, FO, UNSA et SUD ont décidé, d'un commun accord, de suspendre les négociations, jugeant les propositions du ministère "bien en-deçà des attentes des professionnels", comme le note la CGT dans un communiqué. "Les grilles évoquées pour la catégorie B n'intègrent toujours pas de réelles revalorisations indiciaires."
"Désolant" et "irritant", pour la CFTC, qui voit là une "rupture de reconnaissance" dans la revalorisation des grilles salariales des infirmières. "Le ministère veut nous pousser à nous focaliser sur la catégorie A, constate Bernard Sagez, président de la CFTC Santé-Sociaux. La B étant transitoire selon eux, il n'est pas nécessaire de trop la revaloriser. Mais le passage en A n'interviendra pas avant 2012, et encore graduellement jusqu'en 2015. Et puis, la contrepartie reste très lourde : suppression de la catégorie active (retraite à 55 ans) pour les infirmières et passage en sédentaire (retraite à 60 ans): de nombreuses personnes préféreront rester en B, notamment ceux qui ont la cinquantaine et approchent de la retraite. Ils n'ont rien a y gagner !" D'ailleurs, à la CGT, pas question de reculer l'âge du départ en retraite pour ceux qui transiteront de B vers A, car la "pénibilité du travail reste non seulement d'actualité, mais elle s'aggrave tant dans le public que dans le privé, aussi bien dans le sanitaire, le social et le médico-social".
"D'emblée, mardi, nous avons clairement affiché que nous ne négocierions pas. Deux raisons: nous n'avons reçu les documents de travail que la veille très tard, nous les voulons trois jours à l'avance ; et puis, les propositions sont largement insuffisantes, détaille pour sa part Dominique Coiffart, secrétaire national de la CFDT Santé-Sociaux. On ne refuse pas de négocier. Encore faut-il nous en donner les moyens ! L'architecture des grilles proposées en catégorie A nous convient, mais il n'est pas acceptable, alors que nous parlons de plus en plus de délégations de tâches ou coopération, de ne pas avoir une rémunération à la hauteur de celles-ci. Comment accepter que l'indice terminal des cadres supérieurs de santé, pourtant reconnus de niveau master, soit sur une grille inférieure à un recrutement de niveau licence !"
Même critiques à la CFE-CGC. "En septembre, on s'était vu proposer une aumône de 15 euros par mois pour la catégorie B. Le montant était identique mardi. Pour la catégorie A, le document présenté évoque une hausse moyenne de 60 euros (12 points d'indice). Par rapport aux objectifs affichés de fidélisation et d'attractivité de la profession, avec ces trois francs six sous on ne va pas aller loin ! On réclame 150 euros de hausse, en A comme en B", souligne Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI CFE-CGC.
Au final, seul le SNCH n'a pas quitté la salle mardi. "On était prêt à discuter. Un certain nombre d'éléments d'informations évoqués oralement par Annie Podeur, la directrice de la DHOS, nous intéressent: reclassement des infirmières en trois ans à partir de 2012, notion de listes d'aptitude, droit d'option, etc. En revanche, la grille à cinq grades de la catégorie A nous inquiète. On risque de voir les infirmières spécialisées gagner autant que les cadres de santé ou les cadres supérieurs", déplore ainsi André Renaud, délégué national du SNCH.
La prochaine séance de discussions est prévue le mercredi 4 novembre.