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Chez les directeurs d’hôpital, la féminisation des chefferies fait machine arrière

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 10.07.2019 par Thomas Quéguiner
Article Hospimedia

En théorie, les directrices d’hôpital devraient devenir majoritaires en établissement au 1er janvier 2020. Une première historique. Mais certaines inversions de curseurs entachent ce rééquilibrage sociétal : la part des femmes sur chefferie et/ou sur emploi fonctionnel a diminué l’an dernier. Décryptage statistique avec le rapport 2018 du CNG.

Début 2020, le corps des directeurs d’hôpital (DH) devrait connaître une grande première historique : devenir majoritairement féminin. Dans son décryptage statistique annuel des effectifs des praticiens et directeurs de la fonction publique hospitalière, rendu public le 9 juillet (à télécharger ci-dessous), le Centre national de gestion (CNG) atteste en effet que début 2019 les directrices représentent 49,3% des DH exerçant en établissement (48,7% pour l’ensemble du corps). Un an plus tôt, ce taux n’était encore qu’à 48,4% (et 48% pour l’ensemble du corps). Si bien que si la dynamique se poursuit, le seuil des 50% sera dépassé cette année. Pour rappel, le taux atteignait tout juste 38% il y a dix ans, soit un gain de 11,3 points depuis.

 

Un effet GHT qui pourrait perdurer
Plusieurs bémols viennent cependant tempérer ce constat. En premier lieu, il est à noter l’an dernier une inversion de tendance chez les seuls chefs d’établissement. Non seulement ces postes restent très majoritairement occupés par des hommes (77,1%) mais en plus la part des femmes a reculé, passant de 23,9 à 22,9% entre 2018 et 2019. Deux ans plus tôt en 2017, ce taux ressortait à 22%. Un repli pour le moins étrange vu la dynamique d’ensemble du corps. Reste à savoir si ce mouvement n’est pas directement lié à la diminution du nombre de chefferie au profit de postes d’adjoint, par effet mécanique de la recomposition de la cartographie hospitalière après la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT). En effet, la part des femmes adjointes a grimpé de 53,1 à 54% entre 2018 et 2019 avec parallèlement un ratio de ces postes passé de 84,1 à 85,1%. Dans le même laps de temps, le nombre de chefs d’établissement a chuté de 398 à 367 (avec un ratio tombé de 15,9 à 14,9%) en raison surtout d’une inflation continue de directions communes qui n’est pas prête de ralentir.

L’équité est de mise sur la prime de fonctions et de résultats
Au titre de l’année 2017, la cotation moyenne et/ou médiane de la part résultats de la prime de fonctions et de résultats (PFR) des directeurs d’hôpital présente une légère différence dans son attribution selon le sexe… en faveur des directrices (voir le tableau). En moyenne, elle est supérieure de 0,1 à celle des hommes, quel que soit l’emploi. En soi, l’écart n’a pas vraiment varié chez les chefs d’établissement par rapport à 2015 (+/-0,1 point). En revanche, il s’est nettement réduit sur la même période en ce qui concerne les adjoints. En effet, alors que les directrices adjointes percevaient une part résultats moyenne inférieure de 0,3 point à celle des hommes en 2015, elles les dépassent deux ans plus tard de 0,1.

 

Évolution des parts résultats moyennes et médianes selon le sexe et l’emploi dans le corps des directeurs d’hôpital entre 2015 et 2017.

Les emplois fonctionnels à la peine
Pour le reste, les autres éléments statistiques qui modèrent la portée de la féminisation du corps des DH sont toujours présents années après années, confirmant le constat selon lequel si les femmes gagnent du terrain, les hommes prédominent encore sur la santé . Par exemple, c’est le fait que les femmes restent très largement minoritaires sur les postes les plus prestigieux que sont les emplois fonctionnels : elles ne sont que 25%. Et leur part a même tendance à diminuer, perdant 1,25 point entre 2018 et 2019 (le taux atteignait 26,25% il y a un an). Et plus on grimpe dans la hiérarchie, plus les directrices s’amenuisent : 27,9% sur les emplois fonctionnels en hors classe, 13,3% en classe exceptionnelle. Et en prenant en compte tous les emploi (fonctionnels ou non), les femmes émargent en tête et progressent un peu plus encore l’an dernier en classe normale (54,8%, +0,7), frôlent l’équilibre en hors classe (49,4%, +0,8) mais sont encore une fois en repli sur la classe exceptionnelle (23,4%, -0,7).

Un nombre de directeurs par GHT de loin très élevé en Paca
Dans cette mine statistique annuelle qu’est le rapport d’activité du CNG, deux autres petits focus sur :

    • le nombre moyen de directeurs d’hôpital (DH) par groupement hospitalier de territoire (GHT) et selon le nombre de GHT par ARS (voir la cartographie) : c’est la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) qui affiche le plus fort taux de DH par GHT (en moyenne 32,3), très loin devant les Pays de la Loire (26,4), l’Océan Indien (24), la Nouvelle-Aquitaine (21,2) ou encore l’Île-de-France (11,4) ;
    • l’écart (-6) entre les entrées et les sorties dans le corps des DH n’a jamais été aussi faible depuis dix ans, Certes, il reste négatif (162 entrées versus 168 sorties) mais il atteignait encore 26 en 2018 et 48 en 2009.
Nombre moyen de directeurs d’hôpital par GHT selon le nombre de GHT dans chaque ARS

 

Liens et documents associés

Le rapport d’activité 2018 du CNG (tome 1) [PDF]
Le rapport d’activité 2018 du CNG (tome 2) [PDF]

 

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