Le ministère récapitule aux établissements les règles d’éviction des personnels de santé

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 24.11.2020 par Thomas Quéguiner
Article Hospimedia

Qu’ils soient ou non soignants, comment doivent réagir les personnels du sanitaire, du social ou du médico-social et surtout leur direction s’ils sont cas confirmé de Covid-19 ou reconnus personne contact à risque d’un cas confirmé ? Le ministère de la Santé synthétise ses consignes, en réalité un copier-coller de l’avis rendu fin mai par le HCSP.

Le maintien en poste d’un personnel soignant (ou non) est limité aux seuls professionnels asymptomatiques et non remplaçables, dès lors que “les bénéfices de sa présence sont supérieurs aux risques associés à son absence”. (Pascal Bachelet/BSIP)

Dans un message d’alerte sanitaire rapide (Mars, à télécharger ci-dessous) daté du 20 novembre, le ministère des Solidarités et de la Santé énumère les mesures d’éviction des personnels exerçant en établissement de santé, social ou médico-social reconnus comme “cas confirmé de Covid-19 ou personne contact à risque d’un cas confirmé». Cela concerne potentiellement tous les professionnels, qu’ils soient ou non soignants, relatent de concert la directrice générale de l’offre de soins, Katia Julienne, et le responsable de la Direction générale de la santé (DGS), le Pr Jérôme Salomon. En soi, tous deux reprennent sur le tard la synthèse de l’avis rendu le 23 mai dernier par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP, lire notre article) Mi-septembre, la DGOS avait déjà diffusé une instruction cadrant les règles sanitaires applicables aux personnels de la fonction publique hospitalière en matière de port du masque, de télétravail, d’autorisations spéciales d’absence, de personnels à très haut risque, etc. (lire notre article).

 

Une balance bénéfices/risques

S’il est testé positif au Covid-19, un personnel doit en tout cas être conduit à “un isolement de 7 jours pleins à partir de la date de début des symptômes ou du jour de prélèvement positif pour les personnes asymptomatiques», rappelle le ministère. La reprise du travail est possible au 8e jour en l’absence de fièvre mais “si le cas reste fébrile, l’isolement doit être maintenu pendant 48 heures après disparition de cette fièvre”. Une fois l’isolement terminé, la reprise du travail doit s’accompagner par “le port rigoureux du masque chirurgical et le strict respect des mesures barrières et de la distanciation physique durant les 7 jours suivants». Ces durées grimpent respectivement à “9 jours pleins (reprise du travail au 10e jour si disparition de la fièvre depuis au moins 48 heures) et 14 jours de mesures barrières renforcées en cas d’immunodépression». Par ailleurs, le maintien en poste ne peut concerner que les seuls professionnels asymptomatiques et non remplaçables avec en retour des mesures de précaution et d’hygiène renforcées. À noter que “cette décision est prise par l’établissement si les bénéfices de la présence du personnel en question sont supérieurs aux risques associés à son absence», relatent les deux dirigeants de la DGOS et de la DGS.

 

Rétropédalage ministériel sur le maintien en poste des internes

Dans une foire aux questions publiée le 20 novembre, le ministère des Solidarités et de la Santé laissait clairement entendre que “de façon exceptionnelle et avec l’aval du coordonnateur médical de crise“, un interne exerçant en établissement de santé ou médico-social porteur asymptomatique du Covid-19 pouvait “comme un autre professionnel de santé, être maintenu en poste” avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène “si l’on estime la balance bénéfice/risque sanitaire favorable“. C’était sans compter le tollé général exprimé par l’Intersyndicale nationale des internes (Isni) et la Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM). Il a du coup fait machine arrière et supprimé en moins d’une heure ce passage. Un ministère “presque aussi rapide que son ombre“, ont salué non sans ironie les internes dans un communiqué, après l’avoir accusé de “prendre sciemment le risque de contaminer les personnels et les patients“. De fait, les internes asymptomatiques et positifs au Covid-19 ne doivent donc pas être maintenus en poste.

 

 

 

Trois critères de repérage

L’identification d’un salarié contact à risque dans le cadre professionnel repose quant à elle, avec tableau récapitulatif à l’appui, sur trois éléments principaux :

  • il a été auprès d’un patient malade du Covid-19 sans que l’un et l’autre ne porte de masque à usage médical* ;
  • il a réalisé sur un patient là encore malade et sans porter de masque FFP2 des gestes à risque d’aérosolisation (intubation, kinésithérapie respiratoire) ;
  • il est resté en contact prolongé toujours sans porter de masque médical et pendant au moins 15 minutes consécutives ou cumulées sur 24 heures avec un collègue porteur du Covid-19, ce qui cible ici surtout les temps de pause.

Dans son message d’alerte, le ministère s’intéresse également aux personnels soignants (ou non) à inclure dans un contact tracing. Cela vise en clair ceux ayant vécu l’une des trois situations professionnelles précitées dès lors que le patient ou le collègue impliqué présente : soit un test virologique ou antigénique positif ; soit des signes respiratoires et un scanner thoracique évocateur ; soit un test négatif mais des signes cliniques depuis au moins 10 jours ainsi qu’une sérologie de rattrapage positive.

 

Tableau synthétique des tests et mesures d’éviction pour les professionnels opérant en établissement de santé, social ou médico-social. (DGOS/DGS)

 

Des contacts à risque en poste

Enfin, le ministère précise aux directions d’établissements la conduite à tenir vis-à-vis d’un personnel contact à risque. Ce dernier peut certes “continuer de travailler sauf s’il devient symptomatique ou s’il existe un doute sur la possibilité du soignant à respecter les mesures barrières» permettant d’éviter la contamination des patients ou de ses collègues. Quoi qu’il en soit, il se doit de s’autosurveiller et d’alerter la médecine du travail à la moindre apparition de symptôme évocateur du Covid-19 pour “immédiatement» réaliser un test : il ne peut du coup quitter son domicile avant d’en connaître le résultat. À signaler qu’en l’absence de symptôme, il doit se voir proposer un test entre 5 et 7 jours après son dernier cas contact. Ces éléments s’appliquent également aux personnels contacts avec un cas confirmé dans un cadre extraprofessionnel, avertissent les responsables de la DGOS et de la DGS.

Pour expliquer les raisons qui ont amené le ministère à publier ce rappel des règles à suivre, d’aucuns côté hospitaliers évoquent le déploiement beaucoup plus large ces jours-ci des tests antigéniques dans les Ehpad avec en retour un nombre potentiellement plus conséquent de personnels Covid-19 ainsi reperés. Sollicitée par Hospimedia, la DGOS n’avait pas donné suite à l’heure de publication.

 

* En effet, il suffit, pour les autorités sanitaires, que “soit le soignant soit le patient porte un masque à usage médical pour assurer une protection efficace”.

 

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