
Étudiants en santé : coûts de la rentrée et aides possibles
Frais d'inscription, loyer, trajets vers des lieux de stage parfois à une heure de route… Pour les futurs soignants, la rentrée coûte cher. En 2026, le coût moyen d'une rentrée pour les étudiants en santé atteint un nouveau record.
Bonne nouvelle : il existe de nombreuses aides, souvent méconnues, pour alléger la facture. Voici les chiffres de la rentrée 2026 filière par filière, tirés des enquêtes des organisations étudiantes, ainsi qu'un récapitulatif des aides possibles pour les étudiants en santé.
Le coût de la rentrée 2026 : 3 240 € en moyenne
Selon la FAGE, un étudiant non boursier qui quitte le domicile familial pour sa première année doit débourser 3 240 € en moyenne à la rentrée 2026. C'est un nouveau record, et une hausse de plus de 25 % depuis 2020, soit environ 656 € de plus en six ans.
Ce montant se décompose en deux parties :
- 2 095 € de frais spécifiques de rentrée : frais d'inscription, CVEC, frais d'agence et dépôt de garantie, assurance logement, complémentaire santé, fournitures ;
- 1 145 € de frais de vie courante par mois, dont 637 € de loyer en moyenne (+9,6 % sur un an), 181 € d'alimentation et 152 € de transports.
Les frais obligatoires, eux, sont fixés par l'État. Pour l'année 2026-2027, les droits d'inscription s'élèvent à 178 € en licence et 255 € en master, auxquels s'ajoute la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) de 105 €. Les étudiants boursiers en sont exonérés.
Mais pour les étudiants en santé, ce socle commun n'est qu'un point de départ.
Filière par filière : ce que coûte une rentrée pour les étudiants en santé
Soins infirmiers : 3 239 € et des stages peu indemnisés
D'après la FNESI (Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières), la rentrée 2026 coûte en moyenne 3 239 € à un étudiant en soins infirmiers (ESI), contre 3 034 € en 2025. Dans le calcul, entrent des dépenses pédagogiques supplémentaires particulières aux étudiants infirmiers, évaluées cette année à 304 euros. Parmi lesquels 60,55 euros portés par les seuls achat et entretien des blouses nécessaires aux stages. Ces frais complémentaires sont illégaux et, pourtant, une petite trentaine d'établissement
La spécificité des ESI, ce sont les stages : ils imposent des trajets fréquents entre domicile, institut et lieux de stage, parfois éloignés. Or l'indemnité de stage reste modeste. Depuis l'arrêté du 20 février 2026, elle s'élève, pour 35 heures par semaine, à 36 € en 1re année, 46 € en 2e année et 60 € en 3e année, soit entre 1 et 1,70 € de l'heure environ, bien loin de la gratification minimale des stagiaires des autres filières.
Pour les infirmiers qui reprennent une spécialisation, la facture change d'échelle : la FNESI relève par exemple 7 286 € de frais de formation pour un IADE et 8 735 € pour un IBODE, hors droits d'inscription et CVEC. Ces formations sont toutefois souvent financées par l'employeur dans le cadre d'une promotion professionnelle.
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Médecine : jusqu'à près de 9 600 € en PASS
En médecine, l'ANEMF publie chaque année son propre indicateur. À la rentrée 2026, une première année coûte en moyenne :
| Année | Coût moyen de la rentrée 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| PASS | 9 597 € | +1,76 % |
| L.AS | 7 627 € | +11 % |
| 4e année (préparation des examens nationaux) | 5 998 € | +2,52 % |
Le premier poste de dépense n'est ni le logement ni les livres : ce sont les prépas privées, qui représentent plus de 6 500 € en PASS et plus de 3 900 € en LAS. L'ANEMF rappelle que les tutorats universitaires, gratuits ou presque (18 € en moyenne en PASS), constituent une alternative sérieuse.
Kinésithérapie : le grand écart entre public et privé
C'est sans doute la filière où les écarts sont les plus spectaculaires. Selon la FNEK, le coût moyen de la rentrée atteint 6 483 €, mais tout dépend de l'institut :
- dans les 28 IFMK publics, les droits d'inscription sont alignés sur l'université (178 € en licence, 254 € en master) ;
- dans les 24 IFMK privés, ils vont de 1 234 € à plus de 10 000 € par an, avec une moyenne de 6 689 €.
En Île-de-France, où 70 % des étudiants sont inscrits dans le privé faute de places publiques, la rentrée dépasse 10 000 €. Plus d'un étudiant kiné sur quatre contracte un prêt, d'un montant moyen supérieur à 27 000 €, et 43 % travaillent en parallèle de leurs études.
Maïeutique, pharmacie, odontologie : des frais moins visibles mais bien réels
- Sages-femmes : l'ANESF évalue le matériel professionnel à 191 € en moyenne ; les frais de transport vers les stages peuvent dépasser 200 € par mois dans les territoires ultramarins. Les étudiants de 4e et 5e année perçoivent une rémunération de 273 à 403 € par mois.
- Pharmacie : selon l'ANEPF, le coût des études a augmenté de 399 € en cinq ans, porté par le matériel pédagogique (+58,5 %), les tenues de stage (+80 %) et les transports (+49 %). 59 % des étudiants travaillent pendant leurs études.
- Odontologie : le matériel pédagogique représente environ 800 € par an.
Les aides pour financer ses études de santé
Face à ces montants, le réflexe à avoir : cumuler les aides. Beaucoup d'étudiants passent à côté, faute de savoir qu'elles existent ou qui les verse.
La bourse sur critères sociaux (CROUS)
Pour les étudiants inscrits à l'université (médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie, etc.), la bourse sur critères sociaux reste l'aide principale. Pour 2026-2027, son montant, inchangé par rapport à l'an dernier, va de 1 454 € par an (échelon 0 bis) à 6 335 € par an (échelon 7), versés sur dix mois. Même au plus petit échelon, elle ouvre droit à l'exonération des droits d'inscription et de la CVEC. La demande se fait via le Dossier social étudiant (DSE) sur messervices.etudiant.gouv.fr.
La bourse d'études sanitaires et sociales (régions)
Les étudiants en soins infirmiers et dans la plupart des formations paramédicales et sociales (ergothérapie, manipulateur radio, masso-kinésithérapie dans la plupart des régions, aide-soignant, éducateur spécialisé, etc.) ne dépendent pas du CROUS mais de leur conseil régional. Les montants suivent généralement le barème national (de 1 454 € à 6 335 € par an) et sont attribués selon les revenus de la famille et des « points de charge » (éloignement, fratrie, handicap…).
Attention : la demande est à renouveler chaque année, directement auprès de la région (sauf en Normandie et en Centre-Val de Loire, où le CROUS instruit les dossiers). Certaines régions ont récemment élargi la liste des formations éligibles : n'hésitez pas à aller vérifier.
Bon à savoir 💡: La Fnesi a publié un guide complet sur les aides sociales pour les étudiants infirmiers, à consulter ici.
Le contrat d'engagement de service public (CESP) : 1 200 € par mois
Le CESP verse une allocation de 1 200 € brut par mois jusqu'à la fin des études, en échange d'un engagement à exercer dans une zone où l'offre de soins est insuffisante, pour une durée égale à celle de l'allocation (deux ans minimum). Longtemps réservé à la médecine et à l'odontologie, il est ouvert depuis le décret du 5 janvier 2026 aux étudiants en maïeutique et en pharmacie, dès la deuxième année.
Les contrats d'allocation d'études des hôpitaux
De nombreux établissements, CHU en tête, proposent aux étudiants paramédicaux en fin de cursus un contrat d'allocation d'études : une allocation mensuelle contre l'engagement de travailler chez eux après le diplôme. À l'AP-HP, par exemple, elle va de 570 à 900 € par mois pour les étudiants infirmiers, sages-femmes, kinés ou manipulateurs radio de leurs deux dernières années, contre un engagement de 18 ou 30 mois. Elle se cumule avec les indemnités de stage et la bourse régionale. D'autres CHU (AP-HM, Hospices civils de Lyon…) ont des dispositifs comparables : renseignez-vous auprès de votre IFSI ou de la direction des soins des hôpitaux de votre région.
C'est aussi une excellente manière de sécuriser son premier poste avant même d'être diplômé.
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Les autres coups de pouce à ne pas oublier
- Le repas CROUS à 1 € pour tous les étudiants depuis le 4 mai 2026, sur présentation d'un compte Izly actif, dans tous les restaurants universitaires. Les étudiants d'IFSI titulaires d'une carte étudiante y ont accès.
- L'aide à la mobilité Parcoursup : 500 € versés en une fois aux anciens boursiers du lycée qui s'inscrivent dans une formation hors de leur académie, à demander jusqu'au 15 janvier 2027.
- Les aides au logement de la CAF (APL, ALS) et la garantie Visale, caution gratuite d'Action Logement pour les étudiants sans garant.
- Les aides d'urgence du CROUS (aide spécifique ponctuelle) en cas de difficulté imprévue, et les épiceries solidaires étudiantes comme les AGORAé de la FAGE.
- Les aides locales des départements, villes ou mutuelles, recensées sur 1jeune1solution.gouv.fr.
Travailler pendant ses études de santé : un complément… qui peut devenir un tremplin
La moitié des étudiants travaillent pour boucler leur budget. Pour les étudiants en santé, un job peut aussi être une première expérience professionnelle précieuse : postes d'agent de service hospitalier, renforts en EHPAD l'été, missions de brancardage ou d'accueil, ou, selon l'avancée de la formation et les règles en vigueur, des remplacements sur des fonctions soignantes. L'enjeu est de trouver des missions compatibles avec les stages et les partiels : l'intérim et les vacations offrent souvent cette souplesse.
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