
Dans les coulisses du bloc opératoire avec Louis, aide-soignant
Technicité, imprévus, urgences vitales... Le quotidien d'un aide-soignant au bloc opératoire est loin d'être routinier ! À 28 ans, Louis exerce avec passion ce métier au Centre Hospitalier de La Roche-sur-Yon.
Fort de plus de 6 ans d'expérience, il revient pour Staffsanté sur son parcours, ses missions spécifiques et son rôle indispensable au sein de l'équipe chirurgicale.
Un parcours évolutif : d'agent de soin au bloc opératoire
Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?
« J’ai débuté ma carrière dans le soin en tant qu’agent de soin pendant trois ans. J'ai ensuite passé le concours d’aide-soignant en cursus partiel, grâce à la passerelle entre le Bac Pro ASSP (Accompagnement, Soins et Services à la Personne) et le Diplôme d'État d'Aide-Soignant, ce qui m'a permis de valider plusieurs modules.
En 2020, j'ai intégré le centre hospitalier. J'ai d'abord évolué en médecine post-urgences, puis en unité cognitivo-comportementale (UCC) auprès de patients atteints de troubles cognitifs ou de démences. J'ai ensuite rejoint le service de suppléance à 25 %, ce qui m'a amené à effectuer des missions au bloc opératoire. Ç'a été un vrai coup de cœur professionnel ! Lorsque l'on m'a proposé d'y travailler à temps plein, j'ai accepté sans hésiter. »
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Une journée type au bloc : entre technicité et contact humain
Quel est le quotidien d’un aide-soignant au bloc opératoire ?
« Les journées sont très rythmées. Si je prends l'exemple d'une journée type en chirurgie orthopédique, mes horaires sont généralement de 8h00 à 16h00 ou 17h00. On commence toujours par le nettoyage de la salle et la préparation du matériel de 8h00 à 8h30.
Ensuite, nos missions se divisent en plusieurs temps forts :
- La préparation et l'installation : Nous accueillons les patients, les installons et apportons notre aide à l'anesthésie en collaboration directe avec les chirurgiens et les médecins anesthésistes.
- Le post-opératoire : Nous sommes présents en salle de réveil et assurons les transferts du bloc vers les lits.
- Le relationnel : Ce métier demande un excellent contact humain pour apaiser l'anxiété des patients avant l'intervention.
Nous travaillons au sein d'une équipe pluridisciplinaire très soudée comprenant des agents des services hospitaliers (ASH), des chirurgiens, des IADE, des IBODE et des médecins. Il faut une grande autonomie pour pouvoir enchaîner rapidement les interventions. »
Aide-soignant et IBODE : un binôme complémentaire
Quelle est la différence entre votre rôle et celui d'un infirmier de bloc opératoire (IBODE) ?
« Ce sont deux métiers parfaitement complémentaires. L’IBODE reste en salle pour la gestion circulante et stérile, c'est-à-dire la distribution du matériel chirurgical pendant l'intervention.
En tant qu'aide-soignant, nous aidons à la préparation (habillage du chirurgien, installation) mais nous ne restons pas pendant l'acte chirurgical. Pendant que l'opération se déroule, nous sortons souvent pour préparer la salle d'à côté afin d'anticiper les interventions suivantes, notamment quand les chirurgiens alternent entre deux salles. Même si notre présence n'est pas strictement obligatoire au bloc, notre rôle est très important pour décharger les IBODE et en assister les équipes d'anesthésie. Cela leur permet de se concentrer pleinement sur les soins techniques et la chirurgie. »
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L'adrénaline de l'urgence et la diversité des spécialités
Quelles sont les particularités de cet environnement ?
« Le bloc est un milieu ultra-technique qui tranche complètement avec les services traditionnels ou l'EHPAD. L'absence de routine est ce qui me plaît le plus ! Au sein de mon pôle de chirurgie, j'ai la chance de tourner sur toutes les spécialités : urologie, gynécologie, digestif, orthopédie, vasculaire, ORL et ophtalmologie.
Pour être à l'aise partout, nous bénéficions d'environ un an de tutorat au démarrage. Mais ce que j'affectionne tout particulièrement, c'est le bloc des urgences (ouvert 24h/24). Le fonctionnement y est spécifique : nous utilisons deux tableaux blancs pour gérer l’appel des patients sans consultation préopératoire et l'attribution des lits en lien avec les anesthésistes. C'est une vraie gymnastique opérationnelle, et personnellement, c'est l'endroit où j'ai l'impression que nous avons le rôle le plus fort. »
Avez-vous une situation d'urgence marquante à partager ?
« Oui, un souvenir extrêmement intense ! Nous avons reçu une patiente en urgence absolue pour une splénectomie d'hémostase. Sur la table d'opération, elle a fait un arrêt cardiaque. J'ai dû entamer immédiatement un massage cardiaque, que j'ai dû arrêter net au moment précis où le chirurgien a incisé pour la sauver. C’est dans ces moments-là que la cohésion d'équipe, l'autonomie et la réactivité prennent tout leur sens. »
Perspectives d'avenir : vers de nouveaux horizons
Quels sont vos projets pour la suite ?
« Après trois ans au bloc opératoire, je considère ne pas avoir encore fait le tour de la fonction. Je n'envisage donc pas de quitter ce service pour le moment. Cependant, à plus long terme, j'aimerais évoluer vers le métier d'infirmier. Cela me permettrait d'accéder à de nouveaux soins techniques et au rôle de prescription propre à cette profession. »