La HAS émet des recommandations pour permettre un meilleur diagnostic du burn out

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 22.05.2017 par Caroline Cordier
Article Hospimedia

Dans le cadre de travaux annoncés il y a plusieurs mois, la Haute Autorité de santé vient de publier des recommandations pour permettre aux médecins traitants et aux médecins du travail d’élaborer de meilleurs diagnostics du syndrome d’épuisement professionnel ou burn out et de personnaliser sa prise en charge.


La Haute Autorité de santé (HAS) annonce ce 22 mai la publication de recommandations, notamment sous la forme d’une fiche-mémo pour permettre aux médecins traitants et aux médecins du travail d’élaborer de meilleurs diagnostics du syndrome d’épuisement professionnel ou burn out. L’objectif est “de repérer les symptômes et de dresser le bon diagnostic, afin de proposer une prise en charge personnalisée et d’aider au retour au travail“. La HAS met également en ligne un rapport dans ce cadre. Ces travaux font suite à l’annonce en février 2016 de la ministre des Affaires sociales et de la Santé alors en poste, Marisol Touraine, de sa volonté de mettre en place un groupe de travail — médecins, experts, chercheurs — pour définir ce qu’est médicalement le burn out et la manière de le traiter. Le groupe s’est depuis installé au sein de la haute autorité. Cette annonce ministérielle faisait écho à un rapport de l’Académie nationale de médecine estimant que le burn out renvoie aujourd’hui à une réalité mal définie et recommandait d’établir des critères cliniques de diagnostic.

Un diagnostic “difficile” à établir

La HAS rappelle ici que le terme “burn out“, entré dans le langage courant, est aujourd’hui utilisé pour décrire “toute sorte de stress, de grande lassitude ou de fatigue par rapport à son travail”. Il s’agit pourtant d’un “véritable syndrome qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes”. Il peut avoir des conséquences “importantes sur la santé et la vie sociale des personnes et requiert une prise en charge médicale adaptée”, souligne-t-elle. “Pour autant, le diagnostic de ce syndrome — qui n’est pas une maladie en tant que telle — reste difficile à établir ; il peut souvent passer inaperçu, être diagnostiqué à tort ou encore traité de façon inadéquate”, poursuit la HAS. Mais l’identification est complexe pour différentes raisons, développe-t-elle : “ses manifestations diffèrent d’un individu à l’autre, s’installent de manière progressive voire insidieuse et sont parfois les mêmes que pour d’autres troubles psychiques ou maladies”. Ces principaux symptômes sont aussi bien d’ordre émotionnel (anxiété, tristesse, hypersensibilité, absence d’émotion…), cognitif (troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration…), comportemental ou interpersonnel (isolement social, comportement agressif ou violent, diminution de l’empathie, comportements addictifs…), motivationnel (désengagement, remise en cause professionnelle, dévalorisation…) que physique (troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux…). “Après avoir identifié ces manifestations et écarté l’hypothèse d’une maladie physique, il faudra juger de leur sévérité et évaluer en priorité le risque suicidaire”, est-il souligné.

Pas de recours systématique aux anti-dépresseurs

Les symptômes repérables n’étant pas spécifiques au burn-out, explique la HAS, le médecin traitant et le médecin du travail devront s’intéresser en complément :
aux conditions de travail (intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l’emploi) ;
à la personne et à son vécu (antécédents personnels et familiaux — notamment antécédents dépressifs —, événements survenus dans la vie personnelle, soutien de l’entourage, rapport au travail).
La confrontation de ces différentes analyses permettra d’établir ou non le diagnostic de burn-out“, est-il développé. Cela permettra en effet de “le différencier d’autres troubles psychiques (dépression, troubles anxieux, stress post-traumatique) ou d’établir qu’ils coexistent avec lui” et l’aide d’un psychiatre “pourra être sollicitée à cette étape“.

Enfin, la haute autorité souligne qu’il est nécessaire d’anticiper et de préparer le retour au travail. “L’analyse du poste et des conditions de travail permettra de mettre en place d’éventuelles actions de prévention individuelle et/ou collective“, précise-t-elle. Aussi, avant le retour au travail, il est recommandé d’organiser une (ou plusieurs) visite(s) de pré-reprise avec le médecin du travail. Et à l’issue de la visite de pré-reprise, le médecin du travail pourra recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, voire des mesures visant à faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle. Enfin, la HAS met l’accent sur le caractère indispensable d’un “suivi régulier impliquant le médecin du travail, le médecin traitant et, le cas échéant, le psychiatre” pour aider au maintien dans l’emploi du patient.


Une prise en charge individualisée du burn out

La HAS explique que la prise en charge du burn out doit être “individualisée en fonction des manifestations constatées, aux éventuelles pathologies associées identifiées, à l’historique du patient et de son travail“. Elle repose principalement sur :
• un arrêt de travail, dont la durée est adaptée à l’évolution du trouble et au contexte socio-professionnel ;
• la combinaison d’interventions psychothérapeutiques ou psycho-corporelles (thérapies cognitivo-comportementales, relaxation, médiation pleine conscience, etc.) ;
• un “éventuel” traitement médicamenteux, notamment par antidépresseurs, mais “uniquement si le burn-out est associé à des troubles anxieux ou dépressifs” ;
• l’intervention d’un psychiatre pour les cas complexes ou sévères, pour une réévaluation des traitements médicamenteux ou pour une poursuite d’arrêt maladie.

 

 

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