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Les métiers de médecin, aide-soignant et agents de bionettoyage évolueront avec le numérique

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 05.08.2019 par Thomas Quéguiner
Article Hospimedia

La transformation numérique des métiers demande à être prise en considération. Les médecins, les aides-soignants et les agents de bionettoyage, dont les tâches quotidiennes seront affectées par les outils numériques ou l’intelligence artificielle, ne sont pas épargnés.

«Il est important d’imaginer une transformation des métiers qui ne participerait pas à l’isolement des agents mais, au contraire, qui œuvre à recentrer les agents sur leur cœur de métier et favoriser les échanges et la relation avec les usagers». Ce constat c’est la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) qui le formule dans son deuxième tome sur les métiers publics de demain. Elle y rappelle que la transformation numérique des métiers demande d’être prise en considération. Il est également nécessaire de penser et concevoir les transformations au-delà de la simple dématérialisation et automatisation des tâches administratives et des fonctions supports. La DITP poursuit en indiquant que la transformation numérique des métiers ne repose pas que sur des évolutions techniques subies , «l’envisager et l’anticiper permet de diriger son évolution vers quelque chose de souhaitable, de l’accompagner tout en diminuant la part de crainte qui résulte de l’incertitude». Cette nouvelle étude (lire l’encadré ci-dessous) se propose d’étudier des métiers identifiés comme « présentant les potentiels de transformation profonds», soit onze métiers dont celui de médecin, d’aide-soignant et d’agent de bionettoyage.

Un 1er tome en novembre 2018
La DITP a publié en novembre 2018 un premier tome de Transformation numérique : dessinons les métiers publics de demain. Elle s’était alors penchée sur cinq des seize familles de métiers identifiés comme présentant des potentiels de transformation profonds. Le métier d’infirmier a alors été passé au crible. Pour la direction, les activités des infirmiers se concentreraient avec le développement du numérique «sur les soins et la relation au patient, avec un rôle de coordination et de contrôle vis-à-vis du parcours de soin». L’infirmier pourrait alors adopter une posture de coordinateur, en contrôle du parcours patient grâce aux données automatiquement récoltées. «La vision qui se dessine est celle d’un infirmer soulagé de nombreux allers-retours avec les systèmes d’information, économisant des temps de transmission, s’appuyant sur des données immédiatement lisibles et des médicaments préparés et qui peut, en conséquence, consacrer plus temps à la relation avec le patient et au soin».

Oser réinterroger les métiers à l’aune du numérique, cartographier les métiers et les compétences, se doter de véritables outils de gestion prévisionnelle et des compétences (GPEC) et d’accompagnement RH, dessiner et prioriser ses trajectoires numériques en lien avec les métiers, partager ses expériences de transformation numérique et se nourrir de celles des autres, telles sont également les conditions pour que la transformation numérique soit à la hauteur des formidables promesses qu’elle dessine pour l’avenir des métiers publics.
Direction interministérielle de la transformation publique (DITP)

 

De médecin à « ingénieur du vivant»
À partir des leviers numériques et technologiques, deux visions complémentaires du médecin pourraient se développer : celle d’un professionnel de santé se spécialisant dans la réalisation d’actes médicaux ponctuels et celle d’un «ingénieur du vivant» à la pointe des technologies de soins du patient. Les médecins se verraient aussi de plus en plus assistés par des robots dans la réalisation d’actes médicaux et chirurgicaux, leur permettant de gagner en efficacité et d’augmenter le nombre de patients soignés. D’autres leviers technologiques laissent également entrevoir une métamorphose de la position du médecin vis-à-vis du patient, note la DITP : un recentrage sur les fonctions de soins. L’accès aux données étant simplifié le médecin disposera d’un préremplissage automatique des dossiers patients, «lui simplifiant la saisie des données à la fois administratives et médicales générales tout en réduisant les erreurs». Dans ce cadre, la médecine préventive pourrait s’affirmer via le dossier médical couplé à l’intelligence artificielle (IA). Par ailleurs, la vision du médecin pourrait aussi se dessiner sous la forme d’un professionnel qui s’appuie sur les outils de télémédecine pour communiquer, entre autres, avec le patient.
Toutefois, cette vision du métier du médecin de demain implique de lever des freins :

  • sur le plan matériel, les outils numériques doivent être déployés de manière homogène dans l’ensemble des hôpitaux et qu’ils soient acceptés par l’équipe médicale ;
  • l’analyse de données médicales par l’IA suppose la fabrication d’un échantillon d’apprentissage par les médecins et donc d’adhésion de ces derniers ;
  • la législation encadrant les données personnelles et de santé doit se renforcer, notamment au niveau de la sécurisation et de leur exploitation ;
  • les outils ne doivent pas obérer la relation médecin-patient, ni se substituer au savoir-faire médical, les médecins devant garder leurs compétences dans la réalisation d’actes médicaux élémentaires.

 

 

L’aide-soignant lui aussi recentré sur le patient
Pour ce qui est de l’aide-soignant, la DITP note que, comme pour le médecin, le métier pourrait se recentrer sur sa relation avec le patient en s’appuyant sur des outils pour gagner en performance ou alléger des activités «pénibles et physiques». des robots autonomes effectueraient certaines tâches répétitives comme la commande et la distribution des repas. Le lever du patient ou son déplacement vers un fauteuil pourraient également passer par la robotique. Ainsi, le temps gagné permettrait d’augmenter la capacité d’action et le temps de soin. Pour autant, prévient la direction, cette vision du métier s’accompagne d’un recentrage sur le rôle de soignant et d’aide au médecin et à l’infirmier. L’aide-soignant pourrait avoir un rôle «important dans la vérification des capteurs portés par les patients, nécessaires à la transmission continue d’information». Avec les outils numériques, il pourrait disposer d’une vision complète et dynamique des patients du service pour orienter son attention vers les patients nécessitant le plus de soins ou de surveillance. La formation continue apparaît alors comme indispensable « pour ne pas entraîner une rupture technologique entre les anciens agents et les plus récemment diplômés».

 

La vision du métier d’agent de bionettoyage «tend vers un rôle axé de plus en plus sur le contrôle de la gestion de la propreté de l’hôpital et moins sur l’exécution manuelle du nettoyage». Avec un chariot connecté, il serait par exemple chargé de s’assurer de la bonne exécution du nettoyage à tout moment avec le suivi en continu des informations remontées par les équipes. En passant par le renforcement des robots nettoyants, il pourrait se concentrer sur les zones les plus complexes à nettoyer. La DITP cite par exemple comme aide le robot désinfectant à ultraviolets qui s’imposerait comme une aide intéressante pour maintenir certains espaces stériles afin d’éviter la propagation de maladies. Les agents devraient alors apprendre à partitionner les étapes de nettoyage et n’effectuer sur celles ne pouvant être réalisées par la machine. Le chariot connecté pourrait l’épauler en le guidant dans l’exécution de ces étapes de nettoyage les plus complexes. Cela permettrait aussi à l’agent de bionettoyage de basculer vers une posture adaptative le chariot étant alors relié aux équipes pour transmettre des informations en temps réel. Il aurait donc à acquérir des compétences de gestion techniques des robots dont il aurait la charge. «Il est en outre primordial de s’assurer de l’adhésion des agents à ce changement qui repose sur un travail collaboratif et un usage accru des technologies», ajoute-t-il.

 

Cette étude, «loin de marquer la fin d’une réflexion globale sur l’avenir des métiers« , se veut une première ouverture vers une méthode d’analyse prenant le point de vue de l’agent «là où le futur est trop souvent abordé sous l’angle des technologies». La transformation de l’ensemble de l’environnement de travail, des conditions d’exercice des missions jusqu’à leur composante managériale, doit être en effet identifiée et accompagnée, souligne la direction.

 

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