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97% des établissements publics de santé peinent à recruter des paramédicaux

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 15.10.2019 par Clémence Nayrac
Article Hospimedia

La quasi totalité des établissements publics de santé peinent à recruter des paramédicaux, qu’ils soient sanitaires ou médico-sociaux. C’est ce que révèle une enquête menée par la Fédération hospitalière de France et mise en ligne le 14 octobre.

97% des établissements publics de santé rencontrent des difficultés de recrutement de paramédicaux. C’est ce que met en lumière une enquête de la Fédération hospitalière de France (FHF), mise en ligne ce 14 octobre. Sur le terrain, ces difficultés se traduisent au quotidien par une sollicitation accrue des équipes de soins et de l’encadrement ainsi que des inquiétudes quant à la dégradation de l’atmosphère de travail, voire des tensions sociales, décrit la FHF. Les répondants évoquent aussi des craintes de baisse de la qualité des prises en charge ou des difficultés à permettre le départ en formation des professionnels.

Méthodologie
Plus de 350 établissements — dont 17 CHU, 242 CH et 74 Ehpad — représentant plus de 470 000 agents publics hospitaliers ont participé à cette enquête. Elle s’est déroulée en ligne au cours de l’été 2019.

Des difficultés accrues dans les bassins ruraux
L’étude met en avant des disparités géographiques de recrutement. La situation est ainsi plus problématique dans les bassins d’emplois ruraux. Deux facteurs peuvent expliquer cette situation : une moindre accessibilité des établissements ruraux en termes de transports, notamment le week-end et aux horaires de travail des soignants, ainsi qu’une moindre présence des instituts de formation paramédicale. Cela s’inscrit dans le contexte de perte d’attractivité globale de certains territoires.

Par ailleurs, le recrutement des infirmiers et des aides-soignants est présenté comme un « enjeu prioritaire » pour les établissements. Ces professions sont citées majoritairement, devant les métiers de la rééducation et les filières infirmières spécialisées, « pourtant confrontés à une pénurie de vivier de recrutement depuis plusieurs années », note la FHF.

 

Les infirmiers sont la profession qui présente le plus de difficultés de recrutement.

Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte plus large de postes restés vacants dans certains établissements et des difficultés de recrutement de jeunes professionnels. L’enquête dévoile en effet que des postes restent vacants faute de candidats adaptés. Pour les aides-soignants, seuls 2 à 3% des postes demeurent vacants en moyenne à l’hôpital. Mais ce chiffre grimpe à 13% dans les Ehpad, avec des conséquences sur leur fonctionnement. Pour les infirmiers, ces établissements restent les plus touchés, bien que l’écart moyen des postes vacants reste proche de ceux de l’hôpital, soit 3% en milieu hospitalier contre 8% en Ehpad. Le secteur du grand âge demeure donc le plus marqué par le manque d’attractivité et les vacances de postes.

La gériatrie, secteur le plus touché
Une réalité qui touche d’ailleurs tant le versant sanitaire que médico-social du grand âge. Viennent ensuite la médecine, le bloc opératoire, la psychiatrie, les urgences et enfin la chirurgie.

 

La gériatrie et les Ehpad sont les plus touchés par la pénurie de soignants.

Plus largement, la FHF interroge sur les motifs des difficultés de recrutement. Les répondants, responsables hospitaliers en ressources humaines, déclarent majoritairement — plus des deux tiers d’entre eux — que c’est l’image négative des conditions de travail qui nuit le plus à l’attractivité paramédicale. La FHF fait un lien avec deux facteurs pour éclairer ces réponses. D’abord, les métiers de soins seraient confrontés à une intensification du travail — baisse de la durée moyenne de séjour ou polypathologie de patients de plus en plus âgés notamment — ensuite, l’image des conditions de travail véhiculée par le grand public se serait dégradée.

La rémunération est la cause identifiée en deuxième position. Elle « complète le sentiment d’un employeur public hospitalier qui n’aurait pas les moyens de récompenser ses professionnels à la hauteur de leurs compétences et leur engagement », souligne la fédération. La FHF fait enfin le lien avec une évolution du rapport au travail dans la société et une plus grande attention portée à l’équilibre vie privée-vie professionnelle, « avec une moindre acceptation des contraintes horaires et statutaires ». « Dans le contexte hospitalier et médico-social, marqué par les obligations de continuité de service, cette nouvelle approche du travail pourrait constituer un frein à l’attractivité difficile à contourner », conclut-elle.

Un sujet « fil rouge »
Cette enquête a été lancée par la FHF alors que des difficultés de recrutement lui sont signalées depuis plusieurs mois, indique-t-elle. Sur la base de ces résultats, elle a lancé cet automne une « large réflexion sur le sujet avec un séminaire dédié à l’attractivité paramédicale». Ces pistes seront ensuite étayées par des échanges avec des professionnels et partenaires institutionnels, c’est-à-dire l’Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH), le Comité de gestion des œuvres sociales des établissements hospitaliers (CGOS), les collectivités locales et « au moyen d’un idéathon associant start-up et hospitaliers ». Par ailleurs, l’attractivité sera le fil rouge de l’édition 2020 du salon SantExpo (anciennement Paris Healthcare Week).


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