L’IndiQateur-H permettra de mesurer la qualité de vie au travail en établissement de santé

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 08.02.2021 par Clémence Nayrac
Article Hospimedia

Une équipe Inserm du l’université de Bordeaux travaille à la construction d’un indicateur de la qualité de vie au travail en établissement de santé. Inspiré d’un premier projet médico-social aquitain, cet outil devra être généralisable et adapté à tous les métiers du secteur. L’élaboration a débuté fin janvier dans un esprit de coconstruction.

L’indicateur créé par l’équipe bordelaise devra être applicable dans tous les établissements de santé qui le souhaitent. (Cultura/Image Source/BSIP)

Construire un indicateur de la qualité de vie au travail (QVT) dans les établissements de santé. C’est la mission que s’est donnée l’équipe rattachée à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur l’économie et le management des organisations de santé de l’Université de Bordeaux (Gironde). Le projet IndiQateur-H — I pour indicateur, Q pour QVT, et H pour hôpital et humain — est financé par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt. Cet appel concernait des travaux de recherche sur l’impact du management sur la qualité des soins, sa validation a eu lieu en juillet 2020. IndiQateur-H est un projet “d’envergure nationale, soutenue par l’ensemble des fédérations, FHF, Fehap, FHP, Unicancer, Fnehad, concernant les établissements de santé des champs du MCO, psychiatrie, SSR et HAD“, décrit à Hospimedia son responsable scientifique, Matthieu Sibé. Il a été lancé fin janvier.

Un projet coconstruit avec le terrain
L’objectif est de proposer à terme un score de mesure de la QVT en établissement de santé, généralisable et qui pourrait enrichir les baromètres sociaux des structures. Il devrait ainsi permettre un meilleur dialogue au sein des établissements, indiquent les chercheurs, et un meilleur suivi de la QVT en leur sein. Une première réunion s’est tenue avec les fédérations début octobre. “Nous avons pris contact avec l’ensemble des fédérations et leur avons demandé de signer une lettre d’engagement dans le projet. Nous avons besoin d’elles pour bénéficier des retours d’expérience du terrain“, poursuit Matthieu Sibé.
Car l’innovation de ce projet réside aussi dans sa coconstruction. Une quinzaine de personnes, “experts de terrain et choisis pour leur implication dans la QVT“, représenteront leur secteur au sein du groupe de travail. Médecin, directeur des ressources humaines, infirmier de coordination en HAD, directeur des soins ou encore psychologue seront ainsi acteurs du projet, aux côtés de quatre universitaires en management et psychologie du travail, de l’Université de Bordeaux, l’École de management de Lyon (Rhône) et de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes (Ille-et-Vilaine).
Notre méthode a choisi volontairement le principe de la coconstruction du questionnaire QVT avec l’aide des experts académiques et d’experts-professionnels de terrain. Il nous semblait important de faire participer des professionnels de terrain qui expérimentent la QVT au quotidien. Ils nous aideront à retenir les dimensions importantes de la QVT en établissement, à hiérarchiser. Par exemple, faut-il agir sur les conditions de travail en priorité, sur la charge de travail ou sur la capacité d’autonomie ?“, souligne Matthieu Sibé. C’est ce travail de coconstruction qui a débuté fin janvier. Il s’appuie sur une bibliothèque de dimensions déjà établie par les chercheurs dans le cadre d’une étude spécifiquement lancée en Nouvelle-Aquitaine auprès des Ehpad. Ce travail sera dévoilé au printemps.

Trouver “un dénominateur commun

L’outil qui sera construit devra faire “consensus“. “Nous essayons de trouver une méthode qui permette de faire remonter l’expérience, nous ne voulons pas un retour “politique”, mais bien des données de terrain, pour une portée opérationnelle”, insiste Matthieu Sibé. L’outil devra être “utile” et “généralisable” afin de permettre à chaque structure de s’en saisir. Par ailleurs, il s’agit de créer un indicateur qui puisse considérer l’ensemble des métiers de l’hôpital, et pas seulement les soignants. Il est donc impératif de “trouver un dénominateur commun“, note Matthieu Sibé. Il s’agira ensuite de rédiger un questionnaire portant sur une quinzaine ou vingtaine de dimensions retenues.

L’outil sera alors testé auprès d’un échantillon d’établissements volontaires, estimés à 120 et qui seront “recrutés” via les fédérations régionales dès ce mois de mars. Deux vagues de collecte sont prévues : la première dès septembre 2021, la seconde en 2022. L’ambition est “d’obéir aux meilleurs critères de validation psychométrique et garantir une fiabilité et cohérence de la mesure“, explique le chercheur. Une fois la première phase de récolte achevée, un travail statistique sera menée pour évaluer la qualité du questionnaire avant de lancer une “version 2“, c’est-à-dire la nouvelle collecte, à la fin du premier semestre 2022.

Un travail colossal, d’autant plus fastidieux en période de crise sanitaire. “Cela peut paraître iconoclaste de parler QVT tandis que la maladie Covid exacerbe la souffrance qui existe déjà au travail, cela aurait pu tout censurer. Mais ce type de projet doit servir pendant l’épidémie et bien après. Notre objectif est bien de tester la faisabilité généralisée de cet indicateur, nous allons fournir un outil certifié“, conclut le chercheur. À charge ensuite aux établissements de s’en saisir pour mesurer régulièrement et améliorer durablement la qualité de vie au travail dans le secteur de la santé.

 

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Retrouvez Matthieu Sibé, chercheur à l’université de Bordeaux et membre de l’Observatoire de la qualité de vie au travail des soignants, sur SANTEXPO Live mardi 9 mars à 12h.

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