
Grille de salaire des aide-soignants : public, privé, intérim, qui paie le mieux ?
« Combien gagne vraiment un aide-soignant ? » La question revient sans cesse, et la réponse est rarement simple. Car derrière un même diplôme d'État se cachent des rémunérations très différentes selon que l'on exerce à l'hôpital public, dans une clinique ou un EHPAD associatif, ou encore en intérim. À cela s'ajoutent les primes, les majorations de nuit et de week-end, l'ancienneté, et le fameux « Ségur » qui a rebattu les cartes depuis 2020.
En 2026, dans un contexte où le point d'indice de la fonction publique reste gelé pour la troisième année consécutive, faire le point sur sa rémunération n'a jamais été aussi utile. Voici un comparatif clair, chiffré et sourcé, pour y voir enfin plus net.
Salaire d'aide-soignant en début de carrière
Avant d'entrer dans le détail des grilles, un repère indispensable : le SMIC. Au 1er janvier 2026, le salaire minimum s'établit à 12,02 € brut de l'heure, avant d'être revalorisé à 12,31 € au 1er juin 2026, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein de 35 heures, environ 1 478 € net.
Pour les aides-soignants en début de carrière, le salaire démarre souvent près du minimum légal. Le premier échelon de la grille hospitalière se situe même légèrement en dessous du SMIC après sa revalorisation de juin. Les employeurs versent une indemnité différentielle pour atteindre le minimum légal. Une prime comme le Ségur peut faire toute la différence et permet à la rémunération de décoller nettement au-dessus du plancher.
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Dans le public : la grille indiciaire de la fonction publique hospitalière
Depuis le 1er janvier 2022, les aides-soignants de la fonction publique hospitalière (FPH) sont classés en catégorie B. Une revalorisation obtenue après des années de mobilisation et au suite du Ségur de la Santé .
Le salaire brut des aides-soignants se calcule de la façon suivante : un indice majoré, propre à chaque échelon, multiplié par la valeur du point d'indice (4,92278 € depuis le 1er juillet 2023). La valeur du point d'indice reste stable, c'est l'avancement d'échelon et les primes qui font progresser la fiche de paie.
Voici la grille 2026 de l'aide-soignant de classe normale (le grade d'entrée), qui compte onze échelons :
| Échelon | Indice majoré | Salaire brut mensuel |
|---|---|---|
| 1er | 373 | 1 836,20 € |
| 2e | 375 | 1 846,04 € |
| 3e | 377 | 1 855,89 € |
| 4e | 388 | 1 910,04 € |
| 5e | 401 | 1 974,04 € |
| 6e | 414 | 2 038,03 € |
| 7e | 429 | 2 111,87 € |
| 8e | 444 | 2 185,72 € |
| 9e | 461 | 2 269,40 € |
| 10e | 485 | 2 387,55 € |
| 11e | 517 | 2 545,08 € |
Après plusieurs années d'ancienneté, l'aide-soignant accède au grade de classe supérieure, dont la grille grimpe de 1 905 € brut au premier échelon (indice 387) jusqu'à 2 756,76 € brut au dernier échelon (indice 560).
Mais ne comprennent pas le complément de traitement indiciaire ni les primes.
Les primes : ce qui augmente votre salaire d'aide-soignant
En tant qu'aide-soignant, les primes sont déterminantes pour votre salaire. Versée depuis septembre 2020, la prime emblématique du Ségur correspond à 238 € brut, l'équivalent de 183 € net par mois.
À cela s'ajoutent les primes liées aux conditions de travail : la majoration pour le travail de nuit, l'indemnité pour les dimanches et jours fériés, et la prime de service. Pour un aide-soignant qui travaille en horaires décalés, ces éléments représentent plusieurs dizaines à plusieurs centaines d'euros par mois.
Au total, dans le public, un aide-soignant débutant perçoit environ 1 700 € net par mois (Ségur inclus), et peut atteindre près de 2 400 € net en fin de carrière, hors primes exceptionnelles.
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Dans le privé : deux mondes selon la convention collective
Le secteur privé n'obéit pas à une grille unique, mais à des conventions collectives qui varient selon le type d'établissement. La plus répandue dans le sanitaire et médico-social à but non lucratif est la CCN 51 (FEHAP), qui régit une large part des EHPAD associatifs, cliniques mutualistes et centres de soins.
Dans cette convention, le salaire se calcule à partir d'un coefficient multiplié par une valeur du point. Au 1er janvier 2026, cette valeur du point est fixée à 4,568 € (après une revalorisation via un avenant de fin 2025). Pour un aide-soignant, dont le coefficient de référence est de 376, cela donne un salaire brut de base d'environ 1 718 € par mois.
À ce socle s'ajoutent plusieurs éléments qui font grimper la fiche de paie :
- la prime Ségur, d'un montant équivalent à celle du public (environ 238 € brut) ;
- une prime décentralisée, d'au moins 5 % du salaire brut ;
- une prime d'ancienneté progressive, de 1 % par an, plafonnée à 30 % après trente ans.
Une fois ces compléments intégrés, la rémunération brute d'un aide-soignant en CCN 51 se situe généralement entre 1 900 € et 2 200 € brut par mois, soit un net compris entre environ 1 500 € et 1 720 € selon l'ancienneté et l'établissement.
Il faut toutefois rester prudent : d'autres conventions coexistent (CCN 66 dans le médico-social, conventions du secteur commercial de type SYNERPA pour les EHPAD privés lucratifs), avec des grilles et des primes différentes.
À poste équivalent, le privé peut afficher des salaires de base parfois plus élevés pour attirer, mais avec des primes et une protection sociale qui ne se comparent pas toujours point par point à celles du public.
Aide-soignant en intérim : taux horaire plus élevé, mais pas sans contrepartie
L'intérim est souvent perçu comme la voie la mieux rémunérée, et les chiffres le confirment à première vue. Le taux horaire brut d'un aide-soignant intérimaire se situe entre 13 et 16 € selon l'établissement, la région et l'expérience, contre environ 12 à 12,50 € pour le premier échelon d'un titulaire.
Surtout, l'intérimaire bénéficie de deux indemnités qui font toute la différence :
- l'indemnité de fin de mission (IFM), égale à 10 % de la rémunération totale ;
- l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), également d'environ 10 %.
Un aide-soignant intérimaire à temps plein peut ainsi atteindre 2 400 à 2 900 € brut par mois, indemnités comprises, auxquels s'ajoutent les mêmes majorations de nuit, de dimanche et de jour férié que les salariés permanents.
Sur le papier, l'intérim paie donc le mieux. Mais ce gain se paie d'une contrepartie réelle : l'absence de sécurité de l'emploi, des missions parfois irrégulières, l'obligation de s'adapter en permanence à de nouveaux services, et une progression de carrière moins linéaire qu'un déroulé d'échelons.
À lire aussi : « Pourquoi choisir l'intérim quand on est soignant ? »
Alors, qui paie le mieux en 2026 ?
Si l'on compare uniquement le montant qui tombe sur le compte en fin de mois, à temps plein et à expérience comparable, le classement se dessine assez clairement :
- L'intérim offre la rémunération brute la plus élevée grâce aux indemnités de fin de mission et de congés payés, au prix de la stabilité.
- Le public (FPH) garantit une rémunération solide et sécurisée, dopée par le Ségur, avec une vraie visibilité sur la progression de carrière et une protection sociale complète.
- Le privé associatif (CCN 51) se situe dans une fourchette proche du public, avec des primes qui peuvent rapprocher ou éloigner les deux selon l'établissement et l'ancienneté.
Mais réduire le choix au seul salaire serait une erreur. La sécurité de l'emploi, les perspectives d'évolution, la reconnaissance de l'ancienneté, la qualité des équipes, les horaires et l'équilibre de vie pèsent aussi dans le choix d'un poste.
L'intérim séduira ceux qui recherchent liberté et rémunération immédiate ; le public rassurera ceux qui privilégient la stabilité et une carrière balisée ; le privé conviendra à ceux qui trouvent l'établissement et l'ambiance qui leur correspondent.
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Les montants indiqués sont des ordres de grandeur susceptibles d'évoluer selon les revalorisations réglementaires et conventionnelles, la région, l'établissement et la situation individuelle (temps de travail, ancienneté, primes liées aux conditions d'exercice).