IA dans le soin : quels impacts sur les infirmiers ?
C’est un fait : l’infirmier de demain devra composer avec l’intelligence artificielle. En 2025, 72% des professionnels de santé utilisaient (déjà) des solutions IA pour l’élaboration de diagnostic et 60% pour la recherche clinique.
Quels sont les bénéfices mais aussi les points de vigilance des soignants face à la révolution de l’intelligence artificielle ?
IA dans le soin : quels bénéfices ?
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Réduction du temps administratif
Dans une enquête réalisée par le Conseil national de l’Ordre des Infirmiers (CNOI), 69% des participants ont répondu que l’IA leur permettait de réduire leur temps passé sur des tâches administratives : rédaction de courriers, synthèse de dossiers, élaboration de comptes-rendus et de réunions…
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Avancées médicales
Pour certaines spécialités, notamment l’imagerie ou la cardiologie, l’intelligence artificielle est un vrai atout. Elle permet par exemple de détecter des anomalies invisibles par l’humain ou encore de hiérarchiser les urgences.
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Meilleure organisation des soins
Gestion des plannings, flux de patients, logistiques… l’IA aide à mieux organiser le soin et à fluidifier le parcours patient. Les professionnels de santé peuvent alors se reconcentrer sur leur cœur de métier : le soin.

Limites de l’IA dans le soin : quels sont les points de vigilance ?
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Déshumanisation du soin
Alors que 88% des praticiens prévoient une utilisation croissante de l’IA, 6 patients sur 10 redoutent une déshumanisation du parcours de soins. Cependant, l’IA ne peut pas remplacer la dimension humaine du soin infirmier, notamment l’écoute, l’empathie et le jugement clinique du professionnel.
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Reproduction de biais
L’IA apprend à partir des données qu’on lui fournit. Or ces données reproduisent des biais humains (biais de sélection, biais de similarité, biais de confirmation…), ce qui peut entraîner des erreurs de diagnostics. Des études ont par exemple montré que certains modèles d’IA détectaient moins bien les maladies sur les peaux foncées, ou surestimaient le risque cardiovasculaire chez certains groupes selon l’origine ou le sexe.
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Formations des infirmiers
L’étude du Conseil national des infirmiers (CNOI) montre que 85% des professionnels interrogés souhaitent être formés à l’IA. Selon l’Ordre, la formation doit intégrer une dimension réglementaire (protection des données, responsabilité d’utilisation), technique mais aussi environnementale et axée sur l’approche patient.
IA dans le soin : Les 5 recommandations du Conseil national de l’Ordre des infirmiers
- Recommandation 1 : Lors de l’utilisation d’une assistance d’IA conversationnelle, il est essentiel de veiller à protéger la confidentialité des données personnelles.
- Recommandation 2 : Lorsque l’infirmier utilise l’IA pour un acte, il doit informer le patient et doit aussi lui expliquer à quoi l’outil va servir.
- Recommandation 3 : Si l’infirmier utilise l’intelligence artificielle pour rechercher des informations et se documenter, il doit s’assurer que les données qui lui sont fournies sont à jour, fiables et scientifiquement valides. Cela implique de vérifier la source des informations, leur pertinence, mais aussi leur conformité avec la documentation scientifique.
- Recommandation 4 : L’utilisation d’une IA doit rester un outil d’aide à la décision et son utilisation ne doit pas déshumaniser la relation de soin entre le professionnel de santé et le patient.
- Recommandation 5 : Il est impératif que les professionnels de santé soient formés à l’utilisation des outils d’IA.
Sources :
