
Quel est le salaire d'un dentiste selon le mode d'exercice ?
Selon les données de la CARCDSF, un chirurgien-dentiste gagne en moyenne plus de 10 000€ mensuels. Mais selon son mode d'exercice et son statut, les montants du salaire d'un dentiste peuvent varier.
Et le mode d'exercice ne change pas seulement le montant en bas de la fiche de paie : il change la nature même de la rémunération (salaire, honoraires, rétrocession), les charges à payer et le niveau de risque.
Titulaire de cabinet, collaborateur, salarié en centre de santé, praticien hospitalier, remplaçant... quel est le salaire d'un dentiste selon sa situation ? On fait le point sur les rémunérations en cas d'installation, collaboration et salariat.
Combien gagne un dentiste en moyenne en France ?
Selon la CARCDSF (caisse de retraite des chirurgiens-dentistes), un dentiste libéral a déclaré en moyenne 122 279 € de revenu annuel avant impôt en 2023, pour une médiane de 97 672 €, soit environ 8 140 € par mois.
La médiane est le chiffre le plus représentatif : la moyenne est tirée vers le haut par environ 17 % de praticiens qui déclarent plus de 185 000 € par an.
La France comptait environ 50 288 chirurgiens-dentistes en activité en octobre 2026, dont plus de 80 % en libéral. Les 20 % restants sont salariés (centres de santé, cliniques, structures mutualistes) ou hospitaliers.
Lire aussi : "Dentiste : chiffres-clés"
Attention aux comparaisons :
- un revenu libéral est un bénéfice après charges professionnelles, mais avant impôt et parfois avant certaines cotisations
- Un salaire s'exprime en brut ou en net.
Pour comparer deux modes d'exercice, il faut toujours ramener les chiffres au net réellement perçu.
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Salaire d'un dentiste libéral titulaire : le revenu le plus élevé, mais aussi le plus de risques
Un dentiste installé dégage généralement entre 80 000 et 200 000 € de bénéfice annuel, et un praticien bien établi se situe souvent entre 150 000 et 180 000 € avant impôt. C'est le mode d'exercice au plafond le plus haut.
Ce revenu est un solde. Selon la Drees, un cabinet réalise en moyenne 240 000 à 300 000 € de chiffre d'affaires par an, dont 50 à 60 % partent en charges :
- cotisations sociales (URSSAF, retraite CARCDSF) ;
- loyer, matériel, fauteuil et consommables ;
- salaires de l'assistante dentaire et du secrétariat ;
- laboratoire de prothèse et assurances.
S'installer suppose aussi un investissement de 150 000 à 400 000 € pour racheter ou équiper un cabinet. Les premières années, le remboursement de l'emprunt et la construction de la patientèle pèsent sur le revenu : les moins de 35 ans déclarent en moyenne 82 000 €, contre près de 154 000 € entre 55 et 59 ans, au pic de carrière.
Exercer en groupe ou en société d'exercice libéral (SELARL) ne change pas la logique : le revenu reste lié à l'activité, mais les charges de structure sont mutualisées.
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Salaire d'un dentiste collaborateur libéral : un bon revenu sans investir
Le collaborateur libéral conserve en général 40 à 60 % du chiffre d'affaires qu'il génère, et un collaborateur débutant perçoit autour de 4 000 à 5 000 € nets par mois. C'est la porte d'entrée classique dans la profession, souvent avant l'installation.
Le collaborateur exerce à son compte dans le cabinet d'un confrère. Il facture ses actes, puis reverse au titulaire une redevance en pourcentage de ses honoraires, en contrepartie des locaux, du matériel, du personnel et de la patientèle. Le partage le plus courant tourne autour de 50/50 ou 60/40, avec souvent un traitement à part des frais de prothèse.
Sur la part conservée, il paie ses propres cotisations URSSAF et CARCDSF. Il n'a ni loyer ni matériel à financer, mais pas non plus de congés payés ni d'assurance chômage.
À ne pas confondre avec le collaborateur salarié : même fauteuil, mais un contrat de travail, un salaire souvent indexé sur le chiffre d'affaires produit, et la protection du Code du travail.
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Salaire d'un dentiste salarié en centre de santé : la sécurité avant tout
Un dentiste salarié en centre de santé gagne le plus souvent entre 40 000 et 65 000 € bruts par an, soit environ 4 200 € bruts par mois en début de carrière et 5 500 € pour un praticien confirmé. Le plafond dépasse rarement 7 500 € bruts mensuels dans le privé.
Certains centres ajoutent une part variable, ou indexent la rémunération sur l'activité : la rémunération peut alors atteindre 65 à 72 % du chiffre d'affaires personnel du praticien. Un dentiste très actif peut ainsi dépasser nettement les fourchettes ci-dessus.
Le salariat offre ce que le libéral n'offre pas : congés payés, couverture maladie, assurance chômage, aucun investissement et aucune gestion de cabinet.
C'est un mode d'exercice en plein essor : la part des centres de santé dans les dépenses dentaires est passée de 8,3 % en 2013 à 15,8 % en 2024.
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Salaire d'un dentiste à l'hôpital : une grille fixe et des primes
Un praticien hospitalier (PH) à temps plein débute à 4 634 € bruts par mois (environ 3 900 € nets) et termine à 9 368 € bruts au 13e et dernier échelon. Selon la DREES, la rémunération nette mensuelle moyenne des chirurgiens-dentistes hospitaliers atteint 6 082 €.
Les odontologistes hospitaliers suivent la même grille que les médecins PH, inchangée depuis juillet 2023. La progression est lente : les 8 premiers échelons durent 2 ans chacun, les suivants 4 ans, soit environ 32 ans pour atteindre le sommet.
À ce traitement s'ajoutent des primes :
- l'indemnité d'engagement de service public exclusif (IESPE), d'environ 1 010 € par mois ;
- les indemnités de gardes et d'astreintes ;
- une éventuelle indemnité de chef de service.
Les praticiens hospitalo-universitaires, qui cumulent soins, enseignement et recherche, perçoivent en plus une rémunération universitaire.
Lire aussi : "Dentiste salarié : quels avantages ?"
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Dentiste remplaçant ou en mission : un revenu flexible
Le dentiste remplaçant est rémunéré par une rétrocession d'honoraires, un pourcentage des actes qu'il réalise, fixé librement dans le contrat de remplacement. Son revenu dépend donc directement de ce taux, du volume d'activité du cabinet et de la durée de la mission.
Le fonctionnement est l'inverse de la collaboration : c'est le titulaire absent qui encaisse les honoraires, puis reverse sa part au remplaçant. Celui-ci applique les tarifs du cabinet et ne se constitue pas de patientèle propre. Le contrat doit être écrit et communiqué au Conseil de l'Ordre.
Remplacements libéraux et missions en centre de santé conviennent bien aux jeunes diplômés qui veulent comparer plusieurs structures avant de choisir, et aux praticiens qui recherchent de la souplesse.
Les cabinets en zone sous-dotée ont souvent du mal à se faire remplacer, ce qui renforce le pouvoir de négociation du remplaçant sur le taux de rétrocession.
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Salaire d'un dentiste : le comparatif par mode d'exercice
Le libéral titulaire offre le plafond le plus haut, le salariat la plus grande sécurité, et la collaboration un compromis sans investissement.
|
Mode d'exercice |
Rémunération indicative |
Mode de rémunération |
Investissement |
Protection sociale |
|---|---|---|---|---|
|
Libéral titulaire |
80 000 à 200 000 €/an de bénéfice |
Honoraires moins 50 à 60 % de charges |
150 000 à 400 000 € |
Ni congés payés ni chômage |
|
Collaborateur libéral |
40 à 60 % du CA produit, avant cotisations |
Honoraires moins redevance au titulaire |
Aucun |
Ni congés payés ni chômage |
|
Salarié en centre de santé |
40 000 à 65 000 € bruts/an |
Salaire fixe, parfois variable |
Aucun |
Congés payés, maladie, chômage |
|
Praticien hospitalier |
4 634 à 9 368 € bruts/mois + primes |
Grille nationale (13 échelons) |
Aucun |
Statut de la fonction publique hospitalière |
|
Remplaçant |
Selon le taux de rétrocession |
Part des honoraires reversée par le titulaire |
Aucun |
Ni congés payés ni chômage |
Les autres facteurs qui font varier le revenu
- La localisation : le revenu libéral moyen va d'environ 87 000 € dans les Hautes-Alpes à plus de 181 000 € en Eure-et-Loir. Les zones peu dotées, à patientèle captive, sont souvent plus rémunératrices que les grandes villes.
- La spécialité : orthodontistes et implantologues dépassent largement l'omnipratique, grâce à des actes à honoraires libres.
- L'expérience : le revenu libéral moyen passe d'environ 82 000 € avant 35 ans à près de 154 000 € entre 55 et 59 ans.
- Le temps de travail et le type d'actes : la part de prothèse et d'implantologie pèse fortement sur le chiffre d'affaires.
Quel mode d'exercice choisir ?
Il n'existe pas de « meilleur » statut : le bon choix dépend de votre appétence au risque, de votre capacité d'investissement et du rythme de vie que vous recherchez. Beaucoup de dentistes passent d'ailleurs par plusieurs modes d'exercice au cours de leur carrière : collaboration ou remplacements pour démarrer, installation ensuite, salariat ou activité mixte pour gagner en sérénité.
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FAQ : salaire d'un dentiste
Quel est le salaire moyen d'un dentiste en France ?
En libéral, le revenu moyen avant impôt atteint 122 279 € par an (CARCDSF, 2023), pour une médiane de 97 672 €, soit environ 8 100 € par mois.
Combien gagne un dentiste débutant ?
Un collaborateur débutant perçoit autour de 4 000 à 5 000 € nets par mois. En centre de santé, un salarié débute vers 4 200 € bruts mensuels.
Quel dentiste gagne le plus ?
Le libéral titulaire, surtout spécialisé en orthodontie ou en implantologie, et installé dans une zone peu dotée.
Un dentiste salarié gagne-t-il moins qu'un libéral ?
En moyenne oui, mais il n'a ni charges de cabinet, ni investissement, et bénéficie de congés payés et de l'assurance chômage