La FHF fait des recommandations pour la qualité de vie au travail

Améliorer la qualité de vie au travail (QVT), une promesse longtemps rêvée mais si complexe à réaliser. Ne pas se décourager, discuter, s’engager, collaborer : telles sont les principales recommandations du dernier rapport 2018 de la Fédération Hospitalière de France (FHF), qui a émis 20 propositions à l’intention des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux dans le but de renforcer la QVT.

Ces 20 préconisations mettent l’accent sur la formation, le management, la communication entre professionnels, l’éthique, et le sens donné au travail. Le but ? Aider les établissements à élaborer une politique intégrale plus globale, afin d’améliorer la gestion des équipes et veiller à leurs conditions de travail. Le bilan est clair : il faut stimuler une interactivité nouvelle et nécessaire à la QVT, et ce dans un environnement de travail profitable. Bref, un travail sain, dans des conditions saines. Dès lors, le mot d’ordre est collectif. Selon la FHF, l’impératif de qualité de vie au travail relève en grande partie de la cohésion et de l’engagement collectif.

Autonomie et valorisation

Toujours selon le rapport, l’autonomie des équipes de soin et la revalorisation de leur rôle constituent le fil rouge indispensable au renforcement de la QVT : « promouvoir les espaces de discussion sur le travail », « favoriser les démarches participatives de résolution de problèmes ». L’heure est à la valorisation du collectif, de l’expérience pratique, et bien évidemment de la motivation, prérequis du bon fonctionnement d’un groupe. Afin d’encourager la résolution des potentiels problèmes relationnels au sein des équipes, la FHF propose le renforcement des réunions pluri professionnelles, de la formation interne, du soutien des équipes et de la réflexion par projet. « Ce fonctionnement, qui augmente l’engagement et le sentiment d’appartenance des professionnels, nécessite d’instaurer un état d’esprit donnant à tous l’envie de participer à la remontée d’informations » : ainsi, la reconnaissance, la confiance, la coopération et la concertation sont essentielles.

Cohésion et communication

D’autre part, le rapport ne manque pas de rappeler le besoin, en santé plus qu’ailleurs, de collaborer, de comprendre les équipes de soins et « d’outiller les encadrants ». Lutter contre les barrières interprofessionnelles serait un modèle envisageable et encouragé, pour garantir un bon esprit d’équipe. Plus important encore, la réunion s’impose comme la clé de voûte du travail collectif pour replacer au premier plan communication et partage d’informations. S’inscrivant toujours dans une optique de communication, la FHF encourage les cadres et responsables médicaux à mettre en place des groupes de paroles. Et, car les personnels médicaux sont parmi les professions les plus vulnérables aux risques psychosociaux, le rapport recommande la mise à jour des documents uniques d’évaluation de risques professionnels. Toutes ces mesures ont pour ambition d’améliorer en profondeur la QVT et de créer un environnement « lisible et favorable ».

Un management proche des équipes

Au-delà des initiatives vantées par le rapport, celui-ci s’attarde aussi sur la nécessité de changer le mode de leadership. Quel type de management ? Comment motiver les équipes ? La FHF met l’accent sur le statut des managers, devant adopter une posture de « soutien des équipes », plutôt que « d’autorité », qui pourrait nuire à la cohésion. Là encore, les préconisations sont légion : soutenir les équipes, instaurer un management de proximité, mettre en place des temps d’échanges individuels…

Bien évidemment, la FHF tâche de rappeler que ces actions devant améliorer la performance des hôpitaux et des équipes soignantes ne verront leur efficacité prouvée qu’avec du temps et des investissements, sans quoi les effets ne sauraient être notables. Tous ces changements se regroupent dans trois catégories : « développer la culture managériale », « restaurer la confiance des pouvoirs publics » et « informer sur l’évolution du système de santé ». La transformation est ambitieuse mais établit de nombreux consensus sur la manière d’avancer, que ce soit à l’échelle des équipes de soin, ou des établissements.

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