Travailler dans la santé à l’étranger : quelles démarches ?

Vous êtes titulaire d’un diplôme français d’un métier de la santé et vous souhaitez exercer à l’étranger ? Quelles sont vos options, dans quels pays pouvez vous exercer avec votre diplôme, comment faire les démarches d’équivalence… On fait le point.

 

En Europe 

 

L’Union européenne donne le droit d’exercer une activité salariale ou indépendante dans tous les pays signataires de l’accord sur l’Espace économique européen. La plupart des États européens utilisent l’organisation LMD (licence-master-doctorat) et les crédits ECTS, ce qui permet d’uniformiser les cycles des études supérieures et d’organiser la reconnaissance des diplômes entre les pays. Dans les faits, toute personne qui détient un diplôme dans son pays est considérée comme qualifiée pour exercer dans un autre pays européen. Il faut alors se renseigner sur la réglementation de la profession souhaitée. 

 

Certaines professions sont réglementées, elles sont donc soumises à des conditions d’accès et/ou des conditions d’exercice. Vous pouvez trouver ces informations sur la base de données des professions réglementées en Europe. Si votre profession n’est pas réglementée dans le pays d’accueil, alors c’est plus facile ! Vous pouvez à priori exercer sans vous soucier d’équivalence ou de reconnaissance de votre diplôme. C’est votre employeur sur place qui devra décider des qualifications attendues et du niveau professionnel. 

 

C’est par exemple le cas de la profession d’ostéopathe, réglementée en France mais non réglementée dans la plupart des pays d’Europe. 

 

Pour les professions réglementées, comme pour les assistants de service social en France, il faudra alors entamer des démarches pour reconnaître vos qualifications professionnelles dans le pays d’accueil. Selon votre profession, vous devrez respecter l’une des 3 procédures de reconnaissance suivantes :

  • Reconnaissance automatique de votre titre de formation
  • Reconnaissance automatique de votre expérience professionnelle
  • Régime général de reconnaissance des qualifications

 

Lire aussi : Infirmier·e, comment exercer à l’étranger ?

 

Le centre ENIC-NARIC informe sur la reconnaissance professionnelle ou académique d’un diplôme à l’étranger. Il établit des attestations de comparabilité des diplômes, informe sur les procédures à suivre pour exercer une profession réglementée et renseigne sur la procédure de reconnaissance des diplômes français à l’étranger. Selon les pays et les professions, des conditions peuvent être demandées : exigence d’expérience professionnelle, stage d’adaptation, ou test d’aptitude. Dans tous les cas, vous devez prendre contact avec l’autorité compétente sur place pour savoir où et comment déposer votre demande de reconnaissance de qualifications professionnelles, quels sont les délais d’examen de votre demande, quels justificatifs sont à fournir, les conditions linguistiques exigées…

 

Vous souhaitez exercer dans un pays limitrophe et résider en France ? Attention à vous renseigner sur la législation sociale applicable. Par exemple, un masseur-kinésithérapeute qui travaille en libéral en Belgique mais habite en France est soumis à la législation belge en matière de protection sociale. Il peut tout de même s’affilier et cotiser volontairement à la CARPIMKO, afin de se constituer une pension de retraite. Et sur le plan fiscal, le bénéfice non commercial est imposé à l’impôt sur le revenu français dès lors que le domicile reste fixé en France. 

 

Hors Europe 

 

Hors de l’Europe, la reconnaissance des diplômes n’est pas uniforme et varie selon les pays et professions. Il faudra alors se tourner également vers le centre ENIC-NARIC pour trouver toutes les informations spécifiques à chaque demande. Vous pouvez aussi vous renseigner directement auprès de l’autorité nationale chargée de l’enseignement supérieur dans le pays d’accueil. 

 

Il existe un cas particulier avec le Québec. En 2008 a été signée l’Entente en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles entre la France et le Québec. Plus de 80 professions sont depuis couvertes par des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM), et permettent une simplification des procédures requises pour exercer un emploi dans le pays d’accueil. 

 

Quelques exemples de métiers concernés par un ARM : infirmier·e, médecin, kiné, dentiste, assistant·e de service social, manipulateur·rice d’électroradiologie médicale, opticien·ne, orthophoniste, pharmacien·ne, sage-femme… 

 

En savoir + sur les ARM ici

 

Quelle que soit votre destination, certains points sont à prendre en considération. Vous devez vous renseigner sur les différents visas de travail nécessaires à chaque pays, les modalités de demande, les prix, les obligations… Votre recherche devra se faire au cas par cas puisque tout cela varie selon les pays. Renseignez-vous auprès des ambassades françaises qui sauront vous conseiller et vous apporter des réponses.

 

À prévoir avant d’exercer à l’étranger

 

Que votre diplôme soit reconnu ou non, travailler à l’étranger sera une épreuve – du moins, au début ! Rappelez-vous que les façons de travailler ne sont pas similaires partout. Par exemple, nous avons la chance de travailler en 35h en France, ce n’est pas le cas dans beaucoup de pays. Renseignez-vous sur la culture d’entreprise des pays, car les habitudes de travail peuvent changer considérablement avec ce que vous connaissez. Plutôt autoritaire, collaborative, masculine, axée sur la confiance, sur le long-terme ou court-terme… Les jours de congés, les taxes, les salaires, les horaires de bureaux…

 

De nombreux facteurs sont à prendre en compte avant un tel déménagement. De manière générale, c’est toute la culture du pays que vous devez connaître un minimum avant de vous y installer. Qu’êtes-vous prêts à mettre de côté ? Quels sont les points sur lesquels vous ne voulez absolument pas faire de concession ? 

 

Enfin, une question qu’il faut évidemment se poser : votre niveau d’anglais et/ou votre niveau dans la langue du pays sont-ils suffisants ? Le travail de la santé et du social est avant tout un travail de parole. Vous devez impérativement être capable d’exercer à minima en anglais pour travailler à l’étranger. Il peut être pertinent de réaliser des tests de niveau pour vous situer. 

 

Et l’humanitaire, dans tout ça ?

 

Si vous souhaitez travailler à l’étranger sans vous y installer, l’humanitaire est une option ! Évidemment, les conditions ne seront pas les mêmes puisque vous ne partirez pas pour vous installer définitivement dans le pays. Mais le travail de la santé & du social et le travail humanitaire sont liés par la motivation de porter attention à l’autre dans le besoin, porter assistance aux personnes dans le besoin. 

 

De nombreuses professions sont recherchées dans l’humanitaire : assistant·e de service social, médecins généralistes, infirmier·e·s, aides-soignant·e·s, psychologues…

 

Plusieurs options s’offrent à vous pour travailler dans l’humanitaire. Vous pouvez directement postuler auprès d’organismes qui recrutent, tels que Médecins du Monde. Vous pouvez également vous engager avec un Volontariat de Solidarité Internationale (VSI). Le VSI vous permettra de partir en mission humanitaire à l’étranger avec un organisme agréé. Vous devez être majeur, posséder un diplôme et des compétences,  et justifier d’une première expérience professionnelle.

 

En vous engageant dans l’humanitaire, vous pourrez travailler à l’étranger tout en bénéficiant du système français de protection sociale, de salaire, de santé… C’est une option intéressante pour celles et ceux qui souhaitent allier aventure et solidarité internationale. De plus, vous contribuerez à des projets vitaux et aurez l’opportunité d’acquérir une expérience professionnelle enrichissante dans des contextes diversifiés.

 

Que ce soit pour des missions de courte durée ou des engagements plus longs, l’humanitaire vous offre une expérience humaine et professionnelle unique, tout en répondant à des besoins urgents sur le terrain. Vous pourrez ainsi développer vos compétences, découvrir de nouvelles cultures et apporter une aide précieuse aux communautés en difficulté.

 

 

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