Comment et pourquoi faire carrière à l’hôpital militaire ?

 

L’Armée offre, au sein de ses établissements, de réelles perspectives professionnelles qui n’ont rien à envier à celles de civils. Petit tour d’horizon de ces carrières qui concernent les paramédicaux au même titre que les médecins et les pharmaciens.

1. Les modes de recrutement

Deux voies permettent aux professionnels paramédicaux d’exercer dans un hôpital militaire.

L’École du personnel paramédical des armées (EPPA)

Elle prépare au diplôme d’État d’infirmier (DEI). Les élèves suivent une scolarité académique de trois ans externalisée en IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) civil. Celle-ci est complétée par :

  • une formation militaire pour exercer les fonctions de commandement dévolues à un sous-officier de l’armée française ;
  • une formation médico-militaire pour organiser, mettre en œuvre, coordonner et évaluer les activités soignantes et administratives au sein des centres médicaux des armées ;
  • une formation médico-opérationnelle pour participer à la gestion d’une situation sanitaire d’exception et à la prise en charge de blessés dans un contexte opérationnel militaire.

 

Le recrutement sous statut civil

Si les hôpitaux militaires recrutent essentiellement des paramédicaux et des psychologues sous statut militaire, certaines spécialités peuvent être recrutées sous statut civil. C’est le cas :

  • dans la filière soins :
    • des infirmier en soins généraux et spécialisés ;
    • des aides-soignants.
  • dans la filière rééducation :
    • des masseurs-kinésithérapeutes ;
    • des orthoptistes (uniquement pour un recrutement sous statut civil) ;
    • des orthophonistes (uniquement pour un recrutement sous statut civil) ;
    • des diététiciens (uniquement pour un recrutement sous statut civil) ;
    • des ergothérapeutes (uniquement pour un recrutement sous statut civil) ;
    • des pédicures-podologues (uniquement pour un recrutement sous statut civil) ;
    • des psychomotriciens (uniquement pour un recrutement sous statut civil)

Pour cela, il convient :

  • d’être de nationalité française ;
  • d’être âgé de moins de trente-deux ans pour les militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées sous-officiers et de moins de trente-cinq ans pour les officiers sous contrat rattachés au corps des psychologues.
  • évidemment, de détenir le diplôme correspondant à l’emploi.

 

A noter que pour les spécialités de masseur-kinésithérapeute et d’infirmier, les jeunes diplômés peuvent être recrutés sans expérience professionnelle.
La durée du contrat est de trois ans ou cinq ans avec une possibilité de renouvellement. Pour ce qui est du service d’affectation, chaque directeur de soins affecte les personnes recrutées en fonction des besoins de l’hôpital et des choix d’affectation exprimés par les candidats.

 

2. Le statut des Militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées (Mitha)

Les Mitha sont constitués des treize corps identiques à ceux de la Fonction publique hospitalière (FPH). Ces corps de militaires ont une hiérarchie particulière distincte de la hiérarchie militaire générale. Les grades ainsi que l’échelonnement indiciaire sont ceux en vigueur dans les corps homologues de la FPH.
Le statut MITHA reprend les avantages de la FPH et peut à tout moment bénéficier des évolutions de celle-ci, ce qui permet d’envisager les mêmes parcours professionnels et de reconnaître à l’identique les compétences acquises.
A noter que les MITHA sont assimilés :

  • officiers lorsqu’ils appartiennent aux corps des psychologues, des directeurs des soins, des cadres de santé ou détiennent, dans le corps des sages-femmes, le grade de sage-femme cadre et sage-femme cadre supérieur.
  • sous-officiers, dans les autres cas.


3. Quels attraits ?

Intervenir sur le front

Après quelques années d’expérience, les paramédicaux militaires, et plus particulièrement les infirmiers, ont la possibilité d’exercer dans des conditions forcément uniques en leur genre. En l’occurrence, dans le cadre d’Opérations extérieures (OPEX) au sein d’un poste médical intégré à l’unité de combat ; d’une antenne chirurgicale déployée sur le terrain pour pratiquer la réanimation et des gestes chirurgicaux de sauvetage ; d’un hôpital médicochirurgical (HMC) déployé sous tente.

Des possibilités de spécialisation

Au sein du Service de santé des armées, les infirmiers peuvent, après concours, se spécialiser pour passer le diplôme d’État d’infirmier anesthésiste (IADE), le diplôme d’État d’infirmier de bloc opératoire (IBODE), le diplôme de cadre de santé ou de directeur des soins paramédicaux. Autant de formations prises en charge dans leur intégralité, sans compter le maintien de la totalité de la solde pendant toute la durée des études.
De même, les aides-soignants et les secrétaires médicaux ont-ils la possibilité de préparer, au cours de leur carrière, le diplôme d’État d’infirmier en intégrant, par voie de concours, l’École du personnel paramédical des armées (EPPA).

Plusieurs formats de carrière

Plusieurs déroulés de carrière militaire sont envisageables pour les paramédicaux
– une carrière courte afin d’acquérir une première expérience professionnelle ;
– une carrière semi-longue, avec la possibilité de prendre une retraite proportionnelle dont la jouissance est immédiate tout en conservant le droit de retravailler dans un autre établissement de soins public ou privé ;
– une carrière longue, l’âge maximum étant de 59 ans pour les MITHA soumis aux lois et règlements applicables aux sous-officiers. Pour les cadres et directeurs des soins, l’âge limite est de 62 ans.

Des avantages financiers

A la rémunération statutaire des paramédicaux, s’ajoutent des primes et des indemnités propres à l’état de militaire, en particulier lors de missions à l’étranger. Des majorations loin d’être anodines et susceptibles de constituer des plus-values substantielles.

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