La culture, une invitée de marque au CHU de Bordeaux

Expositions photos, concerts privés, fresques murales… l’art s’invite de plus en plus dans les couloirs des hôpitaux. Le CHU de Bordeaux en a même fait un pilier de son projet d’établissement, en menant une véritable politique culturelle au sein de ses établissements. Explications.

Décloisonner l’hôpital

La politique culturelle du CHU de Bordeaux s’inscrit dans un dispositif national “Culture et Santé”, impulsé en 1999 par le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère de la Santé. Le but ? Favoriser la transmission de l’art et de la culture pour que chacun puisse prendre part à la vie culturelle, patients comme professionnels de santé, au sein même des établissements de santé. Ces initiatives ont pour objectifs de décloisonner l’hôpital, permettre l’accès à la culture pour tous et améliorer à la fois le bien-être de la personne malade et l’environnement de travail du personnel.

Aujourd’hui, nos actions sont soutenues par l’ARS, la Direction régionale des affaires culturelles (la DRAC), la région mais également des mécènes.” explique Lucile Renaud, chargée de l’action culturelle au CHU de Bordeaux. “Pour la majorité de nos projets, nous favorisons des institutions culturelles ou des groupes artistiques locaux, ce qui nous permet de vraiment ouvrir l’hôpital sur la ville.

Il ne faut toutefois pas confondre la mise en place de projets culturels avec des séances d’art-thérapie. “Ce sont deux démarches différentes” précise Lucile Renaud “L’objectif ici est d’intervenir en complément du soin.

Des projets adaptés aux services

Pour mettre en place les différents projets artistiques, la co-construction avec les équipes soignantes est essentielle.Il existe deux cas de figure : soit les soignants nous remontent des volontés ou des envies particulières au sein d’un service ou soit nous sommes contactés directement par des artistes qui viennent avec des idées de projets. Dans tous les cas, nous avons à cœur d’intégrer les soignants concernés dès le début du projet pour nous assurer qu’il s’adapte bien aux particularités du service.” explique Lucile Renaud.

À titre d’exemple, la compagnie théâtrale du Si est intervenue au sein de l’Unité de Soins Complexes en Addictologie pendant plusieurs mois, à travers des ateliers collectifs de théâtre d’objets. L’objectif était d’initier patients et professionnels à une pratique théâtrale où l’objet est détourné pour accompagner un récit, une histoire. “Ces ateliers ont connu un grand succès, nous les avons immortalisés grâce à un photographe et organisé une exposition dans les couloirs de l’unité. Ces photos devraient même être exposées dans des théâtres lorsque la représentation de la Compagnie pourra reprendre.” s’enthousiasme Lucile Renaud.

D’autres projets, comme “Espaces hospitaliers“, font également l’objet d’expositions très poétiques. L’hôpital Saint-André du CHU de Bordeaux a accueilli pendant 3 ans une résidence artistique où l’écrivaine Laurence de la Fuente et le dessinateur Bruno Lahontâa sont allés à la rencontre de patients et personnels hospitaliers. Ils ont recueilli leurs témoignages et leurs anecdotes et les ont restitués sous forme de textes et de dessins. Une troupe de comédiens est ensuite venue les interpréter. “C’était un moment très fort” raconte Lucile Renaud, “Ce projet a vraiment permis de décloisonner l’hôpital, de mettre patients et professionnels de santé sur un pied d’égalité et de mettre en lumière des métiers de l’ombre.

 

Les partages d’expériences sont aussi très importants : “Nous avons créé une commission culture en 2015 qui réunit des professionnels de différents services une fois par an. Nous réalisons des retours d’expérience et partageons les projets qui ont pu être menés dans chaque service. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble sur la dynamique culturelle du CHU et de donner des idées pour d’autres projets.

 

Améliorer le soin

Si les retours sont très positifs du côté des patients, il en est de même pour le personnel hospitalier. “En plus d’avoir un environnement de travail agréable, embelli par des œuvres d’art ou des expositions photos, la plupart des soignants nous disent que ça leur apporte une vraie ouverture personnelle. Ces projets permettent de désacraliser le travail des artistes, qui peut apparaître parfois très éloigné de leur quotidien.” explique Lucile Renaud

L’art a également un effet bénéfique dans la relation soignants-patients : “Les ateliers permettent aux soignants de porter un autre regard sur les patients et inversement, de découvrir leurs passions, leurs centres d’intérêt et de parler d’autre chose que de la maladie. Ça humanise la relation de soins et certains nous disent que ça redonne du sens à leur métier, notamment dans la période actuelle où la technique est très présente.

À ce jour, une quinzaine de projets sont menés chaque année et le CHU ne compte pas s’arrêter là !Si la situation nous le permet, nous avons prévu de travailler avec l’Opéra national de Bordeaux, les Bibliothèques de Bordeaux, le Musée des Beaux-Arts, la Fabrique Pola et bien d’autres structures et artistes du territoire.

Pour en savoir plus sur les projets culturels du CHU de Bordeaux, rendez-vous ici ou sur leur compte instagram dédié : @chudebordeaux.culture

Thèmes : hôpital

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