82 % des Ibode subissent des tensions quotidiennes

 

L’enquête menée, en 2018, par le Syndicat national des infirmiers de bloc opératoire (Snibo) confirme que la profession est en souffrance et n’évolue pas dans le bon sens. Avec, en toile de fond, le sentiment de ne pas être perçue à sa juste valeur.

55 % des Infirmiers de bloc opératoire (Ibode) jugent mauvaises leurs conditions de travail tandis que 82 % assurent subir des tensions quotidiennes. Conséquence logique : 58 % d’entre eux sont stressés sur leur lieu d’exercice. En cause, pêle-mêle, un matériel insuffisant tout comme les effectifs, un management qui laisse à désirer, une formation incomplète et des rythmes de travail infernaux.

« Il y a de plus en plus de restrictions budgétaires, si bien que les déficits d’équipements sont de plus en plus nombreux. Par ailleurs, il est fréquent que les stérilisations soient externalisées », confirme Laurence Boulou, Présidente du Snibo. « Les Ibode sont un peu prises entre tous ces feux et servent de variable d’ajustement. Elles souffrent de déconsidération. La situation est inquiétante. Il n’y a qu’à regarder ce qui se dit sur les réseaux sociaux ».

Dans ce contexte, il n’est pas non plus étonnant que les conflits soient légion et que 19 % des sondés aient déjà sollicité un soutien juridique parce qu’ils s’estimaient victimes de harcèlement, de violence ou de maltraitance.

Reconnaître l’exclusivité de la fonction

Pour sortir de l’ornière, les Ibode aspirent à une revalorisation salariale et à ce que leur profession soit davantage considérée, ce qui passe notamment par la reconnaissance de l’exclusivité de leur fonction. En effet, un décret de janvier 2015 instaure des actes exclusifs qui sont de la compétence des Ibode, notamment des actes d’assistance chirurgicale, l’installation définitive du patient opéré, la mise en place de la fixation des drains, la fermeture cutanée et sous-cutanée etc.

« Le problème, c’est que dans la plupart des blocs opératoires, il y a 60 % d’infirmières et 40 % d’Ibode », rappelle Laurence Boulou. « Pour éviter les dissensions, de nombreux chirurgiens refusent encore d’acter le fait que ces actes soient exclusivement l’apanage des Ibode. Cependant, de plus en plus se rendent compte de la plus-value qu’apportent les Ibode ».

Autre revendication, celle qui a trait au cursus.
« Cela fait dix ans que nous en discutons avec le ministère mais le dossier est en stand-by depuis plusieurs mois », déplore Laurence Boulou. « Nous aspirons à la mise en place d’une nouvelle ingénierie des études avec, à la clef, une universitarisation. Nous souhaitons la mise en place d’un master afin que les Ibode puissent poursuivre leurs études après leur dix-huit mois de formation initiale, laquelle débouche sur un diplôme d’État ».

Pour plus d’informations : cliquez ici pour lire le communiqué de la SNIBO

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