Réserve sanitaire : à quoi sert-elle et comment l’intégrer ?

En cas de situation sanitaire exceptionnelle, telle une épidémie, une catastrophe naturelle ou un attentat par exemple, il peut arriver que soit mobilisée la Réserve sanitaire. Celle-ci regroupe des professionnels issus de tous les secteurs de la santé, formés et prêts à intervenir en renfort rapidement. Explications de la raison d’être de cette Réserve, son fonctionnement et la manière de la rejoindre.

Qu’est-ce que la Réserve sanitaire ?

Elle a pour but de recruter, former, équiper et envoyer des professionnels du monde de la santé sur les théâtres de situations exceptionnelles. Elle est composée de réservistes qui interviennent en renfort voire en relais des moyens locaux déployés en première intention.

Les réservistes apportent un soutien humain et logistique aux acteurs locaux à leur demande. Son but est de pouvoir mobiliser et acheminer en urgence des professionnels volontaires, préparés et équipés pour apporter leur expertise et un appui sanitaire.

Quand peut-elle être sollicitée ?

Elle agit sur demande du Ministère de la Santé dans des délais très courts et pour des missions brèves, dans le cadre de catastrophes ou de situations sanitaires exceptionnelles, en France comme à l’étranger. Dans le cas où la mission est amenée à être prolongée, des relèves sont organisées.

Quelles sont ses missions ?

De manière générale, la Réserve sanitaire a pour but de :
– assurer un renfort hospitalier (dans le cadre d’une épidémie par exemple);
– apporter une médicalisation exceptionnelle dans certaines situations sociales (dans le cadre de l’activation des plans Grand Froid ou canicule par exemple);
– mener des campagnes de vaccination exceptionnelles (grippe ou rougeole par exemple);
– renforcer les capacités de prise en charge lors de grands rassemblements ou d’événements exceptionnels (concerts, cérémonies, manifestations etc.);
– proposer un appui à la réponse téléphonique urgente lors de crises touchant un grand nombre de personnes (attentats, catastrophes naturelles etc.);
– apporter expertise et appui aux autorités en charge d’organiser la réponse face à une épidémie;
– venir en appui à l’organisation et l’accompagnement médicalisé lors de retours urgents en France de français ou de personnes réfugiées dans des situations de crise (naturelles, politiques, industrielles etc.).

Qui peut en faire partie ?

Du fait de l’étendue de ses missions, la Réserve sanitaire est composée de professionnels relevant de tous les métiers du secteur de la santé, médicaux et paramédicaux, et pas seulement de médecins. Sont concernés les salariés, les libéraux et les retraités.

Ainsi, sur les 2000 professionnels de santé que comptait la Réserve sanitaire au 1er janvier 2015, la majorité d’entre eux (57 %) étaient des professionnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, infirmiers spécialisés et cadres de santé) et des psychologues.
36 % des effectifs étaient des professionnels médicaux, pharmaceutiques et scientifiques, parmi lesquels les sages-femmes. À noter que la Réserve sanitaire compte également des professionnels administratifs (assistants de régulation médicale, secrétaires médicaux, directeurs de soins, directeurs d’hôpitaux etc.) ou encore des professionnels techniques et médicotechniques (ambulanciers, techniciens et ingénieurs biomédicaux, techniciens et ingénieurs sanitaires etc.).

Comment devenir réserviste ?

L’inscription à la Réserve sanitaire repose sur le volontariat et relève de l’initiative du candidat. Elle se fait en ligne sur le site www.reservesanitaire.fr.

Outre le formulaire en ligne, le candidat doit également fournir un certificat médical établi par son médecin ainsi qu’une convention signée avec son employeur le cas échéant, avant de renvoyer son dossier complet à l’EPRUS (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires).

En quoi consiste la participation ?

Les réservistes sont sollicités pour exercer le métier qu’ils connaissent et qu’ils maîtrisent. A titre d’exemple, il ne sera pas demandé à un infirmier d’exercer des tâches ne relevant pas de ses compétences.

Néanmoins, dans le cadre d’une mission, certaines conditions et circonstances peuvent grandement différer du cadre habituel d’exercice. Pour cela, l’EPRUS délivre des formations spécifiques aux réservistes afin de garantir et de maintenir leur capacité opérationnelle.

Ces formations peuvent par exemple porter sur :
– des capacités d’adaptation à un nouvel environnement (régions ou pays, contexte géopolitique etc.);
– des capacités d’adaptation à des cultures ou des populations spécifiques;
– des capacités d’adaptation à un nouvel établissement;
– des capacités d’adaptation à un contexte particulier (vie en collectivité, contraintes sécuritaires etc.);
– le recours à des moyens logistiques ou de communication inhabituels (gestion de l’eau, utilisation de radio ou téléphone satellite par exemple);
– la prise en charge de pathologies dans un environnement inhabituel avec des procédures spécifiques;
– l’attitude à adopter face aux médias;
– le repérage et l’accompagnement psychologiques des personnes prises en charge mais également des autres intervenants

 

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