Infirmière militaire : un métier d’engagement

Conditions de travail, formation spécifique, missions à l’international… Rencontre avec Marie-France Thoumin, infirmière militaire, autour des particularités essentielles d’un métier passion.

Un mot sur votre parcours ?

J’ai étudié au sein d’une école en soins infirmiers civile traditionnelle. Ce n’est qu’en fin de troisième année que j’ai choisi comme lieu de stage un hôpital militaire. Un choix qui s’est soldé par une vraie découverte : l’ambiance de travail y était radicalement différente de celle rencontrée auparavant au sein des établissements de santé publics, bien plus familiale, et à taille humaine… Un argument choc à mes yeux, qui m’a donné l’envie de m’orienter vers une carrière d’infirmière militaire.

Comment devient-on infirmière militaire ?

Il existe deux voies possibles. La première, celle que j’ai suivie, consiste à effectuer ses études dans un établissement civil traditionnel, puis à postuler sitôt le diplôme en poche auprès des services de santé de l’armée. Dans le concret : un simple dossier d’admission, qui, accepté, débouche sur quatre semaines de formation initiale aux spécificités des soins et pratiques militaires, puis sur une période de probation de six mois, concrétisée ensuite par un premier engagement de trois ou cinq ans au sein d’un hôpital militaire.

Le second chemin consiste à rejoindre directement les bancs de l’EPPA, école du personnel paramédical des armées, basée à Toulon. Le programme y est dans les grandes lignes similaire à celui enseigné au sein des IFSI. La différence majeure réside dans la formation strictement militaire dispensée à chacun des élèves : classes, usage d’arme à feu, marche au pas, ou encore connaissance des différents grades qui régissent l’organisation hiérarchique. Les stages y sont également obligatoirement effectués au sein d’hôpitaux militaires et de casernes. Des casernes qui constituent l’environnement professionnel premier des infirmiers ayant fait le choix de ce cursus, directement rattachés dès leur sortie d’étude à un régiment ou unité spécifique.

En quoi vos fonctions diffèrent-elles dans le concret de l’exercice classique du métier d’infirmière ?

Les différences ne se situent pas dans les soins prodigués aux patients, mais plutôt du côté de l’environnement de travail et des conditions d’exercice à proprement parler. Les infirmières militaires ont en moyenne quelques 25 à 30 lits à leur charge, quand dans le civil les tours de garde s’articulent généralement autour de 50 à 60 lits. Autre divergence, de taille : l’opportunité de partir sur des missions à l’étranger. Des expériences fortes, auxquelles j’ai eu la chance de prendre part, entre Djibouti et la Côte d’Ivoire.

Attention cependant au moment de postuler. Comme tout métier à forte vocation, la profession d’infirmier militaire exige de nombreux sacrifices : travail de nuit, le week-end, éventuelles absences prolongées lors des missions à l’étranger… Autant d’aspects passionnants, mais contraignants, qui empiètent sur la vie personnelle.

 Pour en savoir plus sur les métiers militaires, découvrez le site de l’Armée de Terre.

Par Amélie Tison

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