L’évolution du métier de sage-femme : quels nouveaux enjeux ?

sage-femme evolution profession

Longtemps restreinte à la maternité, la profession de sage-femme s’affirme aujourd’hui comme un pilier incontournable de la santé des femmes.

Elargissement des compétences, essor de nouveaux modes d’exercice, développement de la recherche ou encore intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques : quels sont les nouveaux enjeux de la profession ? Avec l’Association nationale des étudiants et étudiantes sages-femmes (Anesf), on fait le point.

Sage-femme : des compétences médicales élargies

Ces dernières années, les compétences des sages-femmes n’ont cessé d’évoluer. Dépistage et traitement des IST, réalisation des IVG médicamenteuses et instrumentales, vaccination… la sage-femme a un rôle clé dans le suivi global des patientes et dans la prévention.

L’évolution des compétences de sages-femmes correspond aussi à un vrai enjeu de santé publique :

  • Santé mentale et périnatalité : les sages-femmes sont en première ligne pour repérer les troubles psychiques liés à la grossesse et au post-partum.
  • Fertilité : intégrées au coeur du plan national “Plan Fertilité 2026”, les sages-femmes jouent un rôle clé dans la prévention, le dépistage et l’accompagnement face aux enjeux de l’infertilité.
  • Suivi global : du suivi gynécologique de prévention à la contraception, en passant par le suivi post-ménopause et la pratique de l’échographie obstétricale, le champ d’action des sages-femmes couvre toute la vie génésique des femmes.

Fin décembre 2025, la réécriture du code de déontologie des sages-femmes a marqué un tournant historique pour la profession. Cette refonte répond à un triple objectif : « moderniser, harmoniser faciliter, tout en réaffirmant le caractère médical de la profession ».

Le développement de la recherche pour les sages-femmes

Aujourd’hui, la recherche autour de la femme enceinte est principalement centrée autour des pathologies. Développer les activités de recherche des sages-femmes est donc essentiel.

L’une des premières pierres déposées pour le développement de la recherche est la réforme de la formation. À la rentrée 2027, la formation des sages‑femmes devra se dérouler prioritairement au sein d’unités de formation et de recherche (UFR) en santé. Les étudiants et étudiantes devront également passer une thèse d’exercice à la place du mémoire.

Le grand défi actuel est la reconnaissance pleine et entière du statut de praticien hospitalier (PH) pour les sages-femmes. Ce statut permettrait une vraie reconnaissance à la fois sociétale et financière et améliorerait l’attractivité des activités de recherche.

Vous êtes à la recherche d’un emploi de sage-femme ?

Découvrir les offres d’emploi de sage-femme

Sage-femme : des modes d’exercice qui évoluent

Les modes d’exercices muent, notamment avec l’essor du libéral qui attire de plus en plus de sage-femme. D’après l’Ordre national des sages-femmes, 3 412 sages-femmes exerçaient en libéral ou en exercice mixte contre 12 389 en 2025. Même si l’hospitalier reste majoritaire (54% des sages-femmes sont salariées en 2025), il tend à diminuer.

Cette évolution répond à un double besoin :

  • Pour les praticiens : une quête d’autonomie, une meilleure gestion du temps de travail et la volonté de proposer un accompagnement global (du projet parental au post-partum).
  • Pour les territoires : une réponse concrète face à l’apparition des “déserts obstétricaux”. Le libéral permet de maintenir un maillage de soins de proximité pour les femmes vivant loin des grandes structures.

Parallèlement aux évolutions des modes d’exercice, le paysage des maternités se restructure. Les accouchements physiologiques sont de plus en plus valorisés, avec le développement des maisons de naissance et des plateaux techniques.

Pour accompagner ces changements, la révision des décrets de 1998 semble nécessaire pour l’Anesf. Cette actualisation permettrait « de répondre à une demande croissante des femmes d’accéder à des parcours de naissance personnalisés et diversifiés. »

L’impact de l’intelligence artificielle sur le métier de sage-femme

L’IA s’invite désormais en salle de naissance et en consultation. Loin de remplacer la dimension humaine du soin, elle prend toutefois de plus en plus de place dans la pratique.

Parmi les champs d’utilisation de l’intelligence artificielle, on retrouve :

  • Analyse du Rythme Cardiaque Fœtal (RCF) : des algorithmes aident désormais à interpréter les tracés en temps réel pour détecter plus précocement les signes d’acidose fœtale, réduisant ainsi les faux positifs et les interventions inutiles.
  • Médecine prédictive : l’analyse des données cliniques permet de mieux anticiper les risques de prééclampsie ou de diabète gestationnel dès le premier trimestre.
  • Gain de temps administratif : en consultation libérale, l’IA facilite la dictée médicale et l’automatisation des comptes-rendus, vous permettant de vous recentrer sur l’écoute de votre patiente. Le nouveau carnet de maternité numérique interconnecté s’inscrit parfaitement dans cette modernisation.

Même si l’IA peut être une alliée pour les professionnels de santé, l’Anesf précise toutefois quelques points de vigilance :

  • La sécurisation et la confidentialité des données utilisées
  • L’impact écologique et environnemental de son utilisation abusive
  • La valorisation financière du suivi virtuel réalisé par les sages-femmes

Le métier de sage-femme évolue donc vers plus d’indépendance et de reconnaissance, avec toujours comme mission première : suivre et améliorer la santé des femmes.

Vous êtes à la recherche d’un nouveau poste de sage-femme ?

Trouver les offres d’emploi proches de chez vous